samedi 7 mai 2011

Ubuntu Classic vs Unity

Unity est la nouvelle interface par défaut de Ubuntu. Elle est apparue d'abord sur la version "Netbooks" de Ubuntu, destinée aux mini portables, machines low-cost que l'on achète préparé à quelques concessions sur l'agrément d'utilisation. Après deux mois d'utilisation sur un ordinateur à tout faire, ses limites m'apparaissent plus clairement.

Critique de Unity

Le dock situé à gauche de l'écran s'efface dès que le pointeur ne le survole plus et ce comportement n'est pas réglable. Quand on place la souris sur le bord gauche de l'écran, il s'écoule peut-être une demi-seconde avant que le dock surgisse. Pour un lanceur d'application, c'est parfait. On ne démarre pas dix fois un programme dans une session. En revanche, pour basculer d'une application ouverte à l'autre, opération plus fréquente, on perd du temps à chaque fois. En plus du délai d'apparition, ce dock caché rend impossible la "visée", le fait de diriger le pointeur au plus court vers l'application que l'on veut amener à l'avant-plan. Impossible aussi de vérifier quelles applications sont en cours d'exécution d'un coup d'oeil, sans manipuler la souris.

Ce qui est justifié sur l'écran pourri d'un mini portable ne fait pas nécessairement une bonne solution dans d'autres cas d'utilisation.

J'ai apprécié le placement des menus d'application dans une barre commune en haut de l'écran. Ça réduit le nombre total de barres horizontales affichées et économise pas mal d'espace. Le principe est le même dans l'interface du Macintosh depuis l'origine et je le trouve toujours pertinent. Mais dans Unity, les entrées des menus ne s'affichent que si le pointeur survole la barre située en haut de l'écran, lorsque la fenêtre est maximisée. La critique est la même que pour le dock. On ne peut pas repérer les entrées de menus sans manipuler la souris. Ça nuit à la représentation mentale que l'on se fais de l'interface et par conséquent à la navigation.

Un autre regret est l'abandon du menu système de Gnome 2, qui donne un accès rapide aux emplacements du système de fichier. Unity oblige à passer par le dock (bof), ouvrir le navigateur de fichiers Nautilus et enfin sélectionner le répertoire voulu (rebof).

Comment corriger ces défauts ? Voilà mes astuces pour améliorer l'interface du client Ubuntu.

Classic, le retour

Sur l'écran de connexion, après avoir sélectionné l'utilisateur, j'ai changé le type de session en Classic au lieu de Unity. On revient donc à l'interface Gnome 2.

Dans le tableau de bord supérieur (la barre horizontale en haut de l'écran), j'ai conservé telle quelle la barre des menus (à gauche) car elle comporte des raccourcis vers les répertoires importants (Vidéos, Musique...), les volumes disponibles (partition Windows, clé USB...) et les volumes en réseau. Au milieu de cette barre, le grand espace vide me semblait fait pour accueillir la nouvelle appliquette AppMenu (Applet indicateur pour les menus d'applications). Là, les menus sont permanents ! Il faut vérifier qu'une application avec de nombreux menus puisse tout afficher. Au besoin, on réduit la taille des polices d'application dans les préférences de l'apparence du système. On peut aussi remplacer les trois menus système (Application, Raccourcis, Système) par le menu général Gnome qui les intègre sous une forme hiérarchique, moins pratique mais plus compacte. Rappellons qu'on supprime une appliquette avec la commande Enlever du tableau de bord du menu clic droit sur celle-ci et que l'on ajoute une appliquette avec Ajouter au tableau de bord du menu clic droit sur un emplacement vide de celui-ci. Enfin, à droite du tableau de bord, j'ai placé quelques indicateurs (réseau, son, horloge) et un menu pour amener une fenêtre ouverte à l'avant plan. Cette disposition prend très peu de place et affiche l'information essentielle à un moment donné. Je me suis rendu compte après coup qu'elle ressemblait beaucoup à Mac OS Classic. Voilà comment on se découvre conservateur (non, pas réac' !).

Pour compléter le dispositif, un tableau de bord (c'est le terme en usage sous Linux pour désigner une barre ou un ruban d'outils sur le bureau) contenant des raccourcis vers les applications les plus souvent employées sera peut-être utile. Mais si on organise bien le menu des applications (clic droit sur le menu, puis : éditer les menus) il ne le sera pas.

Un dernier raffinement porte sur la barre de titre. Les trois boutons groupés, à droite (Windows) ou à gauche (Mac OS X), pour minimiser, agrandir ou fermer la fenêtre, incitent à l'erreur, surtout s'ils sont de la même couleur et très rapprochés, comme avec certains thèmes. La solution NeXT, un bouton à droite pour fermer, un à gauche pour minimiser et un double clic sur la barre pour replier la fenêtre, était assez élégante. Mais l'agrandissement passait par un menu clic droit sur la barre, pas idéal.

Avec Ubuntu, on peut placer les boutons où l'on veut. Dans un terminal, on tape gconf-editor, puis Entrée. Dans l'arborescence (panneau gauche), on déplie Apps, puis Metacity et on sélectionne General puis, dans le panneau central, Button Layout. D'un double-clic, on entre en mode éditeur. J'ai écrit "close:maximize", ce qui correspond à un bouton de fermeture à gauche de la barre et d'agrandissement à droite. Tant qu'on est dans Gconf-editor, on choisit les icônes présentes sur le bureau. Sans tableau de bord inférieur, on ne dispose plus de l'appliquette de la corbeille. Pour l'avoir sur le bureau, il faut déplier Apps puis Nautilus, cliquer sur Desktop, puis cocher la case Trash_icon_visible dans le panneau central de la fenêtre.

Pour minimiser une fenêtre, opération très courante pour dégager la vue sur un bureau encombré, j'ai pensé qu'un double-clic sur la barre serait plus rapide que d'atteindre un petit bouton avec le pointeur. Pour ce réglage très simple, on va dans le menu Système, Préférences, Fenêtres. Un menu propose plusieurs actions, dont la réduction.



Une fois arrangé, le bureau Gnome présente une seule différence avec le System 7 du Macintosh: le menu de gauche bascule entre les fenêtres ouvertes et non pas entre les applications.

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