lundi 5 mars 2012

Comment (bien) passer de Gnome 2 à Gnome 3

En matière d’interface graphique d’ordinateur (GUI in english), les changements sont rares, les révolutions encore moins. Pensez à la barre de tâche et au menu démarrer, apparus avec Windows 95, que l’on retrouve presque inchangés sur Windows Vista. Et le public d’utilisateurs est souvent frileux, conservateur voire réactionnaire lorsqu’un changement autre que cosmétique survient. Révolution! Lorsque Apple fusionne la sublime interface de NeXT avec le vénérable Finder de Mac OS. Psychodrame! Quand Microsoft innove enfin avec Windows 7 et son interface centrée sur les applications. Dans la nouvelle barre Windows, plus de distinction entre lanceur et tâche en cours, mis à part un discret indicateur d’activité. Un clic sur le bouton amène l’appli au premier plan (si elle est déjà lancée) avec toutes ses fenêtres. Un comportement bien plus logique sur un poste de travail individuel, inauguré par le Macintosh dans les années 1980. Ce progrès incontestable a bien sûr été vertement décrié par de nombreux nostalgiques qui avaient fini par aimer les horreurs passées. Avec Gnome 3, on assiste aujourd’hui sur le bureau Linux aux mêmes crispations.

Linus Torvalds, le leader du développement du noyau Linux, a aussi critiqué la nouvelle interface mais si les développeurs hard core avaient de bonnes idées sur les interfaces, on le saurait. En fait, la conception de Gnome 3 s’est appuyée sur de nombreuses recherches dans le domaine des interfaces homme-machine. Et on peut dire qu’il représente un des rares produits vraiment neufs depuis NeXT (1989). Ce bureau pour systèmes Linux et BSD est sorti en avril 2011. Sans surprise, la version initiale (3.0) était assez mal finie et ne donnait pas une idée juste des intentions du projet. La version que j'utilise au moment d'écrire ces lignes (3.2) est bien meilleure à cet égard.

L’esprit de Gnome 3

Comme d’autres environnements graphiques, Gnome 2 avait adopté la métaphore du bureau et était organisé autour du gestionnaire de fichier, Nautilus. Avec des disques pouvant contenir des gigaoctets et la procrastination aidant, le bureau de la plupart des gens est devenu une poubelle où s’entassent fichiers téléchargés, travail en cours, notes et raccourcis divers. En outre, il est dissimulé en permanence par les fenêtres ouvertes. Ce constat dressé par les les promoteurs du projet Gnome 3 m’a semblé extrêmement juste.

capture réalisée sans trucage d’un bureau ordinaire :
bureau-gnome-poubelle.png



Les principes retenus pour Gnome 3 : la suppression de l’affichage du bureau, la suppression des boutons de fenêtre Minimiser et Maximiser, semblent retirer des fonctionnalités mais en fait déchargent l’utilisateur d’une distraction devenue inutile. Certaines extensions proposées dans Gnome-tweak-tool réintroduisent les fonctions abandonnées, ce qui ne fait que retarder la transition.

Gnome-tweak-tool: ne pas en abuser.



Ce qu’il faut faire pour aimer Gnome 3, c’est apprendre à l’utiliser tel quel, sans extensions. Gnome-Shell permet d’organiser les tâches en cours autour des applications, des dossiers dans l’explorateur de fichier et des espaces de travail. Avec l’intégration du moteur de recherche Tracker et du journal d’événements Zeitgeist, on retrouve rapidement un document, un contact, un dossier récemment utilisé en tapant quelques lettres du nom du fichier ou de son contenu. On peut aussi retrouver des fichiers par un jeu d’étiquettes qu’on lui associe à l’aide de Nautilus. Il faut aussi garder un oeil sur Gnome-Document, un gestionnaire de documents auquel pourraient être intégrées des fonctions de gestion documentaire.

Les tags dans Nautilus:




Oublier le bureau.

Bien employé Gnome-Shell est efficace. J’ai abandonné mon bureau surchargé et entrepris de le ranger, à mon rythme. Il reste une extension utilisateur que j’ai gardée, il s’agit des thèmes. Une jolie interface n’a jamais fait de mal à personne.

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