lundi 7 mars 2016

Fessenheim, Cattenom, combien de voisins ?

En ce début mars 2016, le débat se focalise en France sur la fermeture de la centrale de Fessenheim et les voisins européens s'inquiètent des conséquences d'un accident sur un site nucléaire proche de leur frontière. Au risque de passer pour un obsessionnel, je vais continuer à documenter cette question, avec des requêtes sur une base SQL spatiale assemblée à partir de données publiques (voir les articles précédents). Les sources primaires sont Eurostat (pour le fond de carte, la population carroyée) et Wikipedia (pour les centrales).


Nombre d'habitants à moins de 30 km des centrales frontalières, suivant le pays

Le cadre de travail est l'hypothèse d'un accident majeur, avec des rejets importants de matières radioactives. La question que l'on se pose d'abord est l'étendue de la zone touchée pour des conséquences données. Le problème lorsqu'on considère des distances importantes, disons 100 km, c'est la difficulté de prévoir ce qui se passerait réellement. Les conséquences ne seraient certainement pas uniformes. Suivant la direction des vents, les précipitations, le relief on pourrait avoir des pollutions graves ou aucune conséquences. Ensuite, où devrait-on s'arrêter ? Au printemps 1986, le sud-est de la France a été sérieusement affecté par le nuage venu de Tchernobyl, à 3000 km de là. J'ai eu connaissance de plusieurs personnes ayant eu un cancer de la thyroïde. Des mesures de rayonnement ont montré, en Provence, de très fortes concentrations de radionucléides par endroit, dans des dépressions du terrain qui collectent l'eau de pluie.

Mais ce que nous apprennent les cas de la centrale ukrainienne et celle de Fukushima, c'est qu'à moins de 30 km, il est difficile de maintenir des établissements humains permanents.

On a donc créé une table contenant les zones de chaque pays situées à moins de 30 km autour des centrales.

CREATE TABLE eustat.zone_nuc_30km AS
SELECT a.name,st_buffer(st_centroid(a.geom),30000,'quad_segs=50')
FROM eustat.centrales_nuc_fr_tampon20km AS a
;

Explication : depuis le barycentre de la zone 20 km créé précédemment, on a créé un nouveau tampon de 30 km de rayon. À partir de cette table, on en créé une autre, dont les champs sont les suivants: nom de la centrale, code du pays, géométrie de la zone de ce pays concernée par cette centrale.

CREATE TABLE eustat.zone_population_30km AS SELECT a.name,b.cntr_code,
st_intersection(b.geom,a.geom)
AS geom
FROM eustat.eeu AS b
JOIN eustat.zone_nuc_30km AS a
ON st_intersects(a.geom,b.geom)
WHERE a.name IN('CATTENOM','Fessenheim','GRAVELINES')
AND b.cntr_code IN('FR','DE','BE','CH')
;

Le Luxembourg et la Belgique sont concernés


L'affichage dans QGIS de cette table montre deux problèmes. Une partie du Luxembourg est concernée par Cattenom et la centrale de Chooz est presque enclavée en Belgique. On rajoute donc les données manquantes. La requête est sur le modèle ci-dessus, mais avec INSERT INTO et les noms de centrales et codes pays corrects.

Après avoir ajouté le nombre d'habitants de chaque zone, on  formatte le résultat dans QGIS.




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