jeudi 1 septembre 2011

Sept milliards de sauterelles ?


Ma voisine s'est fait tabasser. De façon répétée, ses agresseurs lui ont violemment brouté fleurs et tige, et elle en porte les séquelles. À chaque visite, je la trouve diminuée. En quelques semaines, elle a dû perdre la moitié de sa taille. Je suis triste devant ce spectacle et en colère contre ces pillards qui n'ont pas trouvé un meilleur moyen pour s'allumer les neurones. On pourrait me dire, arracher quelques brindilles c'est pas si grave, les herbes, ça repousse. Et bien non, ça ne me console pas. Et puis, c'est faux. Si chaque visiteur d'un jardin, d'une forêt prélevait quelques végétaux qu'il trouve récréatifs, il n'y aurait bientôt que la roche nue sous le soleil. Je pense aux sauterelles. Joli insecte qui avale quelques feuilles par-ci par-là mais qui désole le paysage s'il en passe un essaim de milliards d'individus. Les comportements grégaires sont la règle, même et peut-être surtout dans les sociétés qui promeuvent l'individualisme. Et nous sommes sept milliards. Pour un choix "individuel", il faut évaluer les conséquences en multipliant par ce nombre. Mais ça peut aussi valoir pour le versant positif. Et avec ce monde, ce serait le comble qu'on n'arrive pas à produire de la joie sans tout saloper.

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