lundi 1 juillet 2013

1 kWh à vélo

Un kilowatt-heure. L'unité d'énergie de la facture d'électricité. C'est l'énergie dépensée par un appareil d'une puissance de 1 kW pendant une heure de fonctionnement. D'accord mais ça fait combien concrètement ?
Soulever 100 kg d'une hauteur de 3670 mètres, par exemple. En vélo, ça fait un trajet d'environ 110 km en terrain essentiellement plat. En fait, ce trajet demande probablement moins de 1000 watt-heure, et sans doute plus près de 700 Wh.


Agrandir le plan
Combien ça coûte ? Au tarif EDF, c'est moins de 16 centimes d'euro. A combien se montait votre dernière facture ?
Cet exemple donne une idée des quantités d'énergie que nous avons pris l'habitude d'utiliser. Autre exemple, la combustion d'un litre de carburant pétrolier dégage 13 kWh. Une automobile consomme environ 7 litres au 100 km, soit 91 kWh, l'effort collectif d'environ 150 cyclistes sur cette distance.
Quand l'énergie sera rare, il faudra apprendre à suer.

La bonne nouvelle, c'est qu'un vélo est un moyen de transport très efficace. Si on part de l'hypothèse 700 Wh pour 110 km, il faut 636 Wh pour 100 km, énergie contenue dans 0,05 litres de carburant. Avec un litre, on ferait 2000 km. Pas mal, non ?

vendredi 29 mars 2013

La Chine ratisse large

La Chine est la source de balayages sytématiques de ports, une méthode employée pour repérer les machines vulnérables et les utiliser à l'occasion. C'est ce que montre l'analyse des tentatives de connexion sur un serveur ordinaire. La méthode pour tirer cette information de données brutes est expliquée ici.

Mettre en ligne un serveur sur internet et examiner les journaux du pare-feu (le filtre qui arrête les connexions indésirables) procure un certain plaisir, une forme d'émerveillement qui tiendrait de l'excitation du chercheur penché sur sa boîte de Pétri. On y voit un bouillonnement fait des bavardages de machines mal configurées, d'erreurs diverses et d'attaques automatiques lancées par des armées de machines zombies ou des bots d'info-guerre.
La difficulté est de faire parler ces données et d'en extraire une information moins brute que les millions de signes qui la composent.

Feb 21 10:41:33 errai ipmon[145]: 10:41:33.330374 sn0 @0:2 b 125-224-200-153.dynamic.hinet.net[125.224.200.153],ftrapid-1 -> errai.mentrek.org[192.168.0.5],http-alt PR tcp len 20 48 -S IN
Feb 21 10:53:33 errai ipmon[145]: 10:53:32.381675 sn0 @0:2 b teamtv.ser.netvision.net.il[212.143.105.84],mdtp -> errai.mentrek.org[192.168.0.5],ms-wbt-server PR tcp len 20 48 -S IN
Feb 21 10:53:35 errai ipmon[145]: 10:53:35.418402 sn0 @0:2 b teamtv.ser.netvision.net.il[212.143.105.84],mdtp -> errai.mentrek.org[192.168.0.5],ms-wbt-server PR tcp len 20 48 -S IN
Feb 21 11:39:26 errai ipmon[145]: 11:39:26.163474 sn0 @0:2 b 193.142.62.156,60479 -> errai.mentrek.org[192.168.0.5],https PR tcp len 20 40 -S IN
...


Pour ce faire, on va recourir dans un premier temps à la ligne de commande Unix qui offre une palette d'outils de manipulation de texte ainsi qu'un langage de programmation élaboré mais accessible. Le but de cette étape sera d'élaguer le texte du journal et de créer un tableau contenant les élements suivants: la date et l'heure, l'IP d'origine, le port de destination.

Un premier élagage du fichier brut est réalisé avec la commande unix "cut".

cut -d " " -f1-3,10,14 donnees_brutes.txt |  unexpand -a - > fichier2

L'option -d " " signifie que l'espace est le caractère délimiteur et -f indique les colonnes que l'on veut extraire, désignées par leur numéro d'ordre ou par intervalle. Ici, on a les colonnes de 1 à 3, la 10ème et la 14 ème. Le résultat est chaîné avec la commande unexpand qui substitue tous les espaces du fichier par des tabulations. Le résultat est envoyé vers un nouveau fichier, avec l'opérateur >.

On nettoie ensuite le nouveau texte des divers motifs indésirables. Dans notre cas, on va effacer les adresses IP entre crochets qui suivent les noms de domaine, en passant le fichier à la moulinette des expressions rationnelles.

cat fichier2 | sed 's/\[.*\]//' > fichier3

La raison est que l'on souhaite passer les noms de domaines à la commande geoiplookup, qui renvoie le pays d'origine. La ligne suivant extrait l'information "nom de domaine", l'envoie à geoiplookup et passe le résultat à paste qui assemble les informations dans un nouveau fichier.

for i in `cut fichier3 -f2` ; do geoiplookup $i | head -n 1 ; done | paste - fichier3 > fichier4

Le résultat est un beau texte avec des champs biens séparés par des tabulations, prêt à être importé dans un tableur. Dans Gnumeric, on peut finir de mettre en forme ce tableau, notamment avec les tris.
Pour faire apparaître d'où viennent les tentatives de connexion, on crée un graphique à partir des colonnes des pays et du nombre de connexions.

Le camenbert fait apparaître que les deux tiers du trafic non désiré proviennent de quatre pays : Chine, France, Fédération de Russie, Etats-Unis. On a, presque au complet, le conseil permanent de sécurité des Nations-Unies. Les autres sont extrêmement discrets, y compris des pays peuplés et riches comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni.
La carte obtenue avec Google Fusion Tables souligne cette concentration de l'origine du trafic tandis que les autres sources sont assez également réparties dans le monde. Comme l'échantillon est assez faible, certains pays ne sont pas représentés.
De retour dans Gnumeric, on peut créer une autre table de fréquences pour les ports.
 Ce bagel coloré montre l'importance des connexions sur le port 445 (microsoft-ds). Elles proviennent sans doute de machines Windows mal configurées ou infectées par des vers essayant de se propager.
Telnet est un ancien protocole d'accès distant sur des machines Unix. Il a été le plus souvent remplacé par SSH, en général beaucoup plus sûr, et ne devrait pas montrer autant d'activité. Peut-être que des pirates comptent sur le fait qu'il a été installé par mégarde ou oublié sur un vieux serveur.
MS-wbt-server est le port tcp 3389, porte d'entrée pour le service d'accès à distance sur Windows (Terminal Server). Des failles permettant un accès non autorisé sont régulièrement constatées. Les pirates cherchent les machines où Terminal Server n'a pas été mis à jour.
VNC-Server est un logiciel équivalent qui fonctionne sur Windows et Linux.
Epmap est un autre service lié à Windows.
MS-Sql ou MySQL sont des serveurs de bases de données où l'on recense régulièrement des vulnérabilités à des attaques dites d'injection SQL, lesquelles ouvrent souvent un accès total à la machine.
Les ports indiqués par des numéros ne sont pas alloués à un service particulier. Ils peuvent être utilisés par n'importe quel logiciel ou peut-être des botnets.

Enfin, il est intéressant de rechercher quel pays émet quoi. Avec Gnuméric, on réalise une table de fréquences qui donne le nombre d'attaques d'un type donné attribuable à chaque pays.
Le résultat est assez intéressant.
Chaque pays présente comme une signature. De France viennent des tentatives de connexions presque exclusivement concentrées sur le protocole CIFS de partage de fichiers Windows. C'est la grand pointe qui domine toutes les autres. A voir les logs, il s'agit de particuliers abonnés à Free. Sans doute des machines Windows infectées par un ver.
De la Fédération de Russie (souvent d'Ukraine en fait), on a un trafic important sur les ports élevés, peut-être utilisés par des botnets.
Les USA envoient beaucoup d'attaques sur Windows (epmap, microsoft-ds) et sip, un protocole d'établissement de connexions de voix sur IP.
Quant à la Chine, elle ratisse large. Les tentatives de connexion nombreuses visent la plupart des ports de l'intervalle de façon assez égale. Ca ressemble beaucoup à un balayage systématique de ports, pour repérer des machines vulnérables. Impression corroborée par le fait que de nombreuses tentatives proviennent de la même adresse IP (58.218.199.250) avec le port source 12200.
Pour un cracker, même un PC de particulier est intéressant dès lors qu'il lui fournit une plate-forme d'observation et de lancement de nouvelles attaques.

dimanche 10 février 2013

Fullsitebackup for Drupal, enhanced

Lately, I wrote a short script to help backup a Drupal site I'm in charge. It worked reliably for some times now and may be useful for someone else. I derived it from Fullsitebackup.sh, an example script provided in the drupal documentation and created by BristolGuy.
The new script is splitted in two. The first part works on the drupal sever. It dumps the MySQL database and makes a tarball of it, along the site's files. If all goes right, it erases the archive X days old, X being an integer of your choice. This is just what the original Fullsitebackup.sh does, plus a few lines to ensure that the disk quota on the server isn't reached too quickly.

The first script.
#!/bin/bash
# Database connection information
dbname="dbname"             # (e.g.: dbname=drupaldb)
dbhost="dbhost"      # Usually not localhost
dbuser="dbuser"             # (e.g.: dbuser=drupaluser)
dbpw="dbpasswd"             # (e.g.: dbuser password)

# Website Files

webrootdir="/path/to/web/root/"  # (e.g.: webrootdir=/home/user/public_html)

# Variables

# Default TAR Output File Base Name
tarnamebase=sitebackup-
datestamp=`date +'%m-%d-%Y'`
trashafter="6 day" # a number of days or weeks you like after which you want an archive to be trashed
timelimit=`date -d "-$trashafter" +'%m-%d-%Y'`
tartobeswept=$tarnamebase$timelimit.tgz
# Execution directory (script start point)
startdir="/path/to/backup/dir"
cd $startdir
logfile=$startdir"/logsite.log"     # file path and name of log file to use
# Temporary Directory
tempdir=$datestamp
# Input Parameter Check
if test "$1" = ""
 then
 tarname=$tarnamebase$datestamp.tgz
 else
 tarname=$1
fi
# Begin logging
echo "Beginning drupal site backup using fullsitebackup.sh ..." >> $logfile
# Create temporary working directory
echo "   Creating temp working dir ..." >> $logfile
mkdir $tempdir
# TAR website files
echo "TARing website files into $webrootdir ..." >> $logfile
cd $webrootdir
tar cf $startdir/$tempdir/filecontent.tar .
# sqldump database information
echo "   Dumping drupal database, using ..." >> $logfile
echo "      user:$dbuser; database:$dbname host:$dbhost " >> $logfile
cd $startdir/$tempdir
mysqldump --user=$dbuser --password=$dbpw --host=$dbhost --add-drop-table $dbname > dbcontent.sql 2>>$logfile
if [ $? -ne 0 ] ; then
 echo "Echec du dump de $dbname. " > $logfile
 exit 1
fi
# Create final backup file
echo "Creating final compressed (tgz) TAR file: $tarname ..." >> $logfile
tar czf $startdir/$tarname filecontent.tar dbcontent.sql 1>>$logfile 2>&1
if [ $? -ne 0 ] ; then
 endtime=`date`
 echo "Echec de l'archivage $endtime de $tarname. " >> $logfile
 exit 1
else
 echo "Archivage effectue $endtime de $tarname. " >> $logfile
 if [ -e $startdir/$tartobeswept ] ; then
  chmod 600 $startdir/$tartobeswept 
  rm $startdir/$tartobeswept 1>> $logfile 2>&1 ; echo "Purge de $tartobeswept effectue $endtime " >> $logfile
 fi
fi
# Reduction des droits
echo " archive en lecture seule " >> $logfile
chmod 400 $startdir/$tarname
# Nettoyage
echo "   Removing temp dir $tempdir ..." >> $logfile
cd $startdir
rm -r $tempdir
# The End
endtime=`date`
echo "Backup completed $endtime, TAR file at $tarname. " >> $logfile
##
##
Obviously, read and execute rights only for the owner of this file are enough. Here you may object that, if the web server is compromised or fails completely, you loose all the hard work, as the backup sits on the server itself. You would be right.
Hence a second script, that duplicates the freshly created archive onto a distant machine, where it is installed. For this one script to work, you need an ssh account on the web server and to add in its ~/.ssh/authorized_keys file the public ssh key of your account on the local machine. Thus, the ssh transfer script won't have any account password in it, a potential security issue. It keeps the Y last days/weeks/months.

#!/bin/sh

# Variables

tarnamebase=sitebackup- # prefix of tarballs
datestamp=`date +'%m-%d-%Y'`
backupdir="backupdir_path_on_web_server"  # where backups are found on distant server
localdir="/path/to/local/backup/dir"  # where they are copied on local machine
sshhost="hostname"
sshuser="username"
keepitem="n"  # n - an integer - being the number of daily/weekly/monthly archives kept
logfile=$localdir"/logfilename.log"
weeklybackupdir="$localdir/semaine"  # semaine is french for "week" (create that directory !)
monthlybackupdir="$localdir/mois"  # mois is french for "month" (create that directory !)

admin="webmaster@yourdomain.tld"

# Input Parameter Check

if test "$1" = ""
then
 tarname=$tarnamebase$datestamp.tgz
else
 tarname=$1
fi

# Secure copy from the server
# A public key of the host must be present in the authorized keys file on the server side

cd $localdir
scp $sshuser"@"$sshhost:$backupdir/$tarname $localdir/$tarname 1> $logfile 2>&1

# If previous operation fails, the script doesn't touch older backups

if [ $? -ne 0 ] ; then
 endtime=`date`
 echo "Echec du transfert $endtime de $tarname. Fin du script. " >> $logfile
else
 endtime=`date`
 echo "Transfert effectué $endtime de $tarname. " >> $logfile

# Else, it looks if the count of past backups is greater than a defined number
# In case of which it copies the oldest as a monthly backup if the day of the month is 1
# And trims the monthly backups to a number specified in a variable

 if [ `ls -1t $tarnamebase* | wc -l` -gt $keepitem ] ; then
  if [ `date +%d` = "01" ] ; then
   cp `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1` $monthlybackupdir 1>> $logfile 2>&1
   cd $monthlybackupdir
   while [ `ls -1t $tarnamebase* | wc -l` -gt $keepitem ] ; do
    chmod 600 `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1`
    rm `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1` 1>> $logfile 2>&1
   done
   cd $localdir
  else

# Or, if the day is wednesday, copies the oldest as a weekly backup 
# and does some cleanup in the weekly backup directory

   if [ `date +%u` = "5" ] ; then
    cp `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1` $weeklybackupdir 1>> $logfile 2>&1
    cd $weeklybackupdir
    while [ `ls -1t $tarnamebase* | wc -l` -gt $keepitem ] ; do
     chmod 600 `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1`
     rm `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1` 1>> $logfile 2>&1
    done
   cd $localdir
   fi
  fi
# In any case, it makes sure there are only the defined number of daily backups left

  while [ `ls -1t $tarnamebase* | wc -l` -gt $keepitem ] ; do
  chmod 600 `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1`
  rm `ls -1t $tarnamebase* | tail -n 1` 1>> $logfile 2>&1
  done
 fi
fi

# Reports home what went wrong

mail -s "logfile" $admin < $logfile

exit 0
These scripts need to be executed at a fixed interval you will specify in the crontab (crontab -e). From my experience, they work reasonably well with different shells (sh, ksh and bash), different systems (Debian, NetBSD) and on different hardware architectures (MacPPC64, Mac68k, x86_64). Anyway, hardware shouldn't be of any concern with a high level langage.

mardi 21 août 2012

Améliorer l'ergonomie de GNOME 3

Depuis la sortie de la version 3 de GNOME, le débat sur la direction prise par ce projet d'interface graphique propre à divers systèmes libres, dont Linux, continue de faire rage. Les leaders du projet poussent dans le sens d'une simplification allant jusqu'au dépouillement et laissent à leurs détracteurs l'impression qu'il ne doit subsister qu'une seule manière d'accomplir une tâche donnée. C'est le principe informaticien d'orthogonalité, très prisé lorsqu'il est appliqué aux jeux d'instructions de processeurs, idéal rarement atteint.

Les raisons du comité de direction de GNOME sont parfaitement louables. L'interface doit être adaptée aux populaires terminaux mobiles, pilotés au doigt et dont les écrans sont de petite taille. Cette voie vers l'essentiel rejoint des aspirations plus anciennes du projet, toucher un public plus large que les hackers et les libristes convaincus, aller sur le bureau - les tablettes - des cols blancs et pourquoi pas du grand public.

Sur GNOME 3, ça se traduit entre autres par la disparition du bureau et de ses icônes en vrac, un menu d'accès aux applications qui occupe toute la surface de l'écran (Voir l'interface Modern UI sur Windows 8). Cet environnement quasi cistercien, le Gnome-shell, hérisse les amateurs du baroque GNOME 2 qui, avec ses options, panneaux et menus en tous sens, est pour le coup une antithèse du principe d'orthogonalité. Mais je leur donnerais raison sur un point : la bascule entre applications sur GNOME 3 est disons perfectible.

Pour lancer une application ou basculer vers un programme en cours, on passe en un clic (ou un doigt) par le mode Activités. Les fenêtres ouvertes sont exposées au centre de l'écran, un dock (appelé Dash) rassemble les icônes des programmes favoris et en cours d'exécution à gauche, les bureaux virtuels sont à droite. Ensuite, on clique sur le programme désiré. La bascule entre programmes comprend donc deux étapes :

1) Bascule vers le mode Activités
2) Choix de l'appli à lancer/amener à l'avant-plan à l'aide du dock ou des fenêtres mises à plat.

Sur un petit écran, c'est une bonne solution. Mais sur un poste de travail, c'est une opération de trop. Sur Mac OS ou Windows 7, le dock permet de lancer/basculer les applications courantes d'un clic sans quitter au préalable la fenêtre active. Pour retrouver ce comportement logique et familier, il suffirait que le dock de GNOME 3 soit visible en permanence et peut-être aussi puisse être adapté à la taille de l'écran. Sortir le Dash du mode Activité où il est enterré.

Et bien, c'est possible grâce à une extension officielle, Dash-to-Dock. Dash a les mêmes fonctions que ses homologues sur Mac ou Windows, un lanceur doublé d'une barre de tâches. Sa disposition verticale tire mieux parti des écrans de PC au format large qui sont devenus majoritaires. Avec Gnome-shell-extension-pref, on règle la taille, le comportement et l'apparence de Dash.

Le mécanisme d'extensions du bureau est un trait unique de l'environnement GNOME. Il permettra sans doute de l'adapter aux exigences les plus diverses.

samedi 16 juin 2012

Miroir à renversement de temps



Un miroir à renversement de temps est un dispositif qui réfléchit une onde (acoustique ou lumineuse) tout en gardant sa direction incidente et sa forme. C'est un renversement total, spatial et temporel. L'onde est focalisée vers sa source, comme le montrerait un film passé à l'envers.
Je ne sais pas quelle image un appareil photo saisirait de ce miroir. Ce qu'on voit ici n'est pas une image de la rue une heure avant le cliché ni une image du photographe plus jeune. Juste une armoire "Miroir à retournement temporel" vue à travers une vitre renvoyant l'image d'un reflet du ciel.

dimanche 22 avril 2012

infomatique en nuage et économie de la fonctionnalité

Il est tentant d'identifier l'informatique en nuage (the cloud computing) et l'économie de la fonctionnalité. C'est moins évident si on considère les buts poursuivis et les effets.

Le cloud désigne les offres de services informatiques réduites à l'usage de fonctionnalités. Ce peut être l'accès partagé à des ressources matérielles (IAAS - Infrastructure as a service), à une plate-forme de création et de déploiement de logiciels (PAAS) ou à des applications (SAAS). Chez les clients, l'effet est une externalisation de la production informatique (entreprises) ou des données personnelles et de la logithèque (particuliers).

Dans une économie de la fonctionnalité, on échange l'usage des effets bénéfiques des biens plutôt que la propriété de ces biens. Ses promoteurs soulignent les bénéfices pour le consommateurs en terme de pouvoir d'achat et la réduction de l'empreinte écologique. Ainsi, les services de location de vélo dans plusieurs grandes villes incluent le parking et l'entretien pour une somme modique, qui peut être inférieure au coût de possession d'un vélo. Le consommateur achète de la mobilité. L'industriel est forcé de prendre en charge les externalités écologiques, d'ordinaire laissées à la collectivité. Mais il peut les gérer avec la rationalité des ingénieurs et l'échelle de l'industrie.


L'économiste Philippe Moati, défenseur de l'économie de la fonctionnalité
transcription ici.

La location n'est pas une condition suffisante pour atteindre l'efficience écologique. Comme l'explique Philippe Moati dans la vidéo ci-dessus, la location à long terme peut être assimilée à un achat à crédit, coûteux pour le consommateur. Pour qu'elle soit vertueuse, le produit doit être plus durable. Philippe Moati propose une nouvelle réglementation qui porterait la garantie à 10 ans. Quand je l'ai croisé au congrès des 60 ans de l'UFC-Que Choisir, il m'a dit que son idée avait suscité quelque intérêt au PS mais n'avait pas eu d'écho au gouvernement Fillon. Il est vrai que son application modifierait profondément le visage de l'offre et pousserait les industriels à se remettre en question voire à prendre des risques. Exit les produits jetables Made in Sweatshop. L'économiste pense que le schéma est même applicable à l'habillement.

Selon Latitude Research, d'excellentes opportunités se trouvent dans la location d'automobiles et d'appareils ménager. Voir l'infographie ci-dessous et le rapport.

Opportunity Infographic - The New Sharing Economy Study

Mais revenons à nos nuages. Les centres de données peuvent-il servir de modèle à cette économie du futur ?

Des industriels qui conçoivent ces usines à data arrivent en effet à être plus efficaces que les petits artisans. Le rendement énergétique des meilleurs atteindrait 1,2 (1 pour alimenter les serveurs, 0,2 pour les refroidir), grâce à des systèmes à air libre, à eau ou à une implantation sur le cercle polaire. Le paiement à l'usage ou la mise aux enchères des ressources du nuage contribuent à améliorer le taux d'utilisation des serveurs par rapport à une production maison.

Mais la transparence n'est pas vraiment de mise dans ces data centres bunkerisés que l'on visite comme des centrales nucléaires. Greenpeace a publié un rapport accusateur sur certains fournisseurs de cloud sale. Pour ma part, je ne vois pas en quoi la délocalisation de production informatique dans un pays à faibles standards sociaux et environnementaux constituerait un progrès.

L'informatique en nuage n'est pas un très bon exemple d'économie de la fonctionnalité si l'on souhaite réduire en valeur absolue les nuisances écologiques. Ce secteur très jeune créé des services nouveaux plus qu'il ne remplace des produits physiques existants. Certainement, il les y ajoute car on a toujours besoin d'ordinateurs pour accéder au nuage. Et en plus on veut des terminaux mobiles.

Il illustre très bien l'effet de rebond, phénomène expliqué par Jean-Marc Jancovici.

Cet âge de l'accès pourrait avoir un effet bénéfique inattendu, en désacralisant la possession de l'objet. Mais peut-être n'est-il pas besoin d'attendre sa venue. Ta Rolex obligatoire à 50 ans ™ fait déjà complètement has-been, même si c'est pour d'autres raisons. Le luxe existera toujours. Alors, comme ce n'est qu'une question de désir, tâchons de travailler sur nos désirs.

Une chronique parue au printemps 2009 dans PC Expert, republiée avec la permission de l'auteur, et qui me semble toujours d'actualité :

Le luxe, pour tous

Exercice délicat en temps de crise économique et écologique, l'éloge du luxe paraît nécessaire si l'on désire surmonter l'une et l'autre sans contradiction. En sortir par le haut, comme on dit. Le problème de la relance du système actuel, favorisant la consommation de produits non durables fabriqués par une main d'oeuvre low-cost, c'est qu'elle va accélérer les délocalisations, la raréfaction des matières premières et la destruction de la biosphère. Autant pousser un âne mort. Il faut alors explorer l'idée d'une décroissance, à condition de ne pas confondre celle-ci avec une récession prolongée, porteuse de pénurie et de chômage. Étrangement, cette voie rejoint celle du luxe. Non pas la dépense tapageuse du nouveau riche mais celle de l'investisseur éclairé. Un vrai produit de luxe se répare, se transmet, ne se démode pas. Il pollue moins que ses substituts consommables. L'éco-conception est une forme de luxe.
L'idée encore hérétique de décroissance est déjà appliquée en informatique. Certains constructeurs vendent moins de serveurs physiques, mais bourrés de logiciels sophistiqués de virtualisation et accompagnés de services haut-de-gamme. Moins de matière, moins d'énergie pour plus d'intelligence et de travail, décroissance matérielle et croissance de la valeur aideront à résoudre la difficile équation. Mais le le luxe coûte plus cher, ce qui ramène la question que la croissance à tout prix permettait d'éluder, les inégalités d'accès au bien-être. Sans leur réduction, l'économie écologique n'avancera pas.
Pas plus qu'un âne mort.

vendredi 20 avril 2012

Où sont les numériques pour la photo-école ?

Un appareil destiné au photographe débutant devrait offrir des modes d'exposition où l'on choisit l'ouverture (A), le temps de pose (S) ou les deux (M) - comme j'explique ICI ou LÀ. Jouer avec ces paramètres fondamentaux de l'image photographique est nécessaire pour apprendre et pour créer. Les modes presse-bouton (portrait, enfant, sport, paysage...) sont destinés à d'hypothétiques consommateurs - à fuir, donc.


"On repasse en manuel"

Dommage qu'il n'existe pas d'appareil numérique limités à ces modes, j'exclus le Leica M9, un peu cher pour débuter. Serait-il possible d'avoir des appareils bon marché, didactiques et solides ? Dans les années 70 et 80, les Nikkormat et les EM étaient déjà un peu chers pour être confiés à des enfants. Mais il existait des boîtiers fabriqués en Union Soviétique, les Lubitels, fabriqués par Lomo.

Le Lubitel 2, corps en bakélite, résiste sûrement à l'hiver russe, 106 Francs à la Camif. C'est un format 6×6 (film 120) à bi-objectif, un pour la visée, un pour l'image, un trois lentilles pas si mauvais à petite ouverture. Diaph de f/4.5 à f/22, obturateur central mécanique de la pose B jusqu'au 1/250 eme, même temps pour la synchro flash. La mise au point sur un dépoli minuscule et sombre est pénible.



Le Lubitel 166 Universal, le dernier de la série, illustre ce post. Le boîtier est en plastique, la mise au point moins dure et il y a un cache pour faire du 4×6, ce qui donne 16 poses par bobine ! Presque du Luxe.

mardi 17 avril 2012

Quel appareil pour apprendre la photographie ?

Aujourd'hui, presque tout le monde possède un appareil qui fait des images : Compact, reflex, ordiphone voire tablette... Que choisir pour apprendre la photo ?

Nombre de ces machines à images ne comportent aucun réglage accessible au photographe. La lumière, la mise au point, tout est décidé par un algorithme, sorte de recette de cuisine mémorisée dans les circuits. L'image produite est souvent correcte, parfois même jolie. Mais vous ne savez pas pourquoi. Et vous ne sauriez apprendre avec un tel bidule que l'on peut faire du beau autrement.

Les limites des automatismes

Dans un précédent post, j'ai expliqué ce que sont les paramètres essentiels qu'un photographe doit pouvoir contrôler. Ça ne signifie pas que les automatismes sont à bannir. Ils sont très précieux la plupart du temps. Mais il faut comprendre ce qu'ils font et savoir reprendre la main. Exemples.

Le mode portrait favorise les grandes ouvertures afin de rendre flou l'arrière plan et d'isoler le sujet. Oui, mais si le décor a de l'importance ? Il faut passer en mode A (exposition auto avec réglage manuel de l'ouverture) et fermer le diaphragme de deux crans ou trois s'il y a assez de lumière. Une focale de 35 mm (plein format) ou 24 mm (APS-C) donnera plus d'importance à l'environnement du sujet, lequel sera pris en plan moyen (coupé à la taille).

Le mode sport favorise les temps de pose courts, pour figer l'action des athlètes, quitte à augmenter la sensibilité (les ISO). Mais parfois, on veut au contraire un temps de pose long pour voir le filé du mouvement des sportifs. On passe alors en mode S (exposition auto avec réglage manuel du temps de pose), choisit ¼ de seconde ou plus, réduit l'ISO s'il faut conserver une ouverture assez grande et pose l'appareil sur un support stable.

La mesure de lumière multi-zone calcule l'exposition en s'aidant d'une base de cas-types. Souvent, c'est bon ou très bon. Mais il arrive qu'elle confonde les situations. Exemple vécu, dans une rue, la nuit, un lampadaire éclaire un vieux mur. Sur le négatif, le mur est presque totalement transparent, sous-exposé. L'appareil avait considéré que la zone lumineuse était le sujet principal, comme l'est un artiste sous les projecteurs dans une salle sombre. Moi, je voulais le mur. J'aurais dû passer en mode M (réglage manuel de l'exposition avec assistance), mesure spot (ponctuelle) et faire la lumière sur une partie intéressante du mur. Ensuite, j'aurais réduit l'exposition préconisée de 2 ou 3 EV pour que le mur se trouve dans l'ombre mais pas complètement noir. Si l'appareil avait demandé 1 seconde, j'aurais réglé à 1/4 ou 1/8 eme.

Même sur les appareils récents, on peut être piégé. Il faut savoir critiquer les automatismes.

Une fois qu'on sait faire des photo tout seul, les limites sont celles de son imagination - ce qu'il faut cultiver.

Quels boîtiers ?

Les modes doivent être facilement accessibles, de même que la molette.

Bref, il faut pouvoir changer : ouverture, temps de pose, sensibilité et si possible mise au point. On vérifiera qu'il y a les modes A (ou Av) S, M et P. Beaucoup de compacts sont exclus. Ensuite, la molette permettant de régler ouverture, temps de pose ou décalage de programme doit bien tomber sous le doigt et être agréable à utiliser. L'idéal, c'est deux molettes, pour agir sur les deux variables en mode M, mais là c'est devenu du luxe, réservé au haut de gamme. Une commande sous forme de boutons ou pire, de menus vous découragera vite. À éviter.
Parmi les compacts, on a remarqué le Canon PowerShot G12, quelques bridges, et bien sûr les reflex. Ces appareils restent à mon avis inégalables pour apprendre la photo. Le Canon EOS 1100D ou le Nikon D 3100 avec un 35 mm, éventuellement d'occasion, coûtent moins de 500 €. Un investissement intéressant si on considère la durabilité de ces appareils.

lundi 16 avril 2012

Cédric Blancher : "Le hacking est dans l'intérêt du public"

En introduction au congrès Hackito Ergo Sum 2012, Cédric Blancher (enseignant, consultant en sécurité pour EADS) a plaidé pour la liberté d'étudier et de modifier les objets techniques, logiciels et matériels, qui nous entourent. Pour être sûrs qu'ils sont bien à notre service.

Extraits du discours: "Le hacking est une activité dans l'intérêt du public et nous devrions protéger son exercice". Il établit un lien entre la liberté d'examiner les technologies que nous utilisons et le droit des citoyens à s'assurer contre l'arbitraire de l'Etat ou d'autres pouvoirs. Il lâche même à la tribune "We need empowerment !" Notion empruntée au vocabulaire des progressistes américains, toujours pas traduit en français.



Comment défendre la liberté de conscience si les bases de données sur les personnes ou les machines à voter - deux exemples qu'il choisit - sont entourées d'opacité ? Or, rappelle Cédric Blancher, il existe des lois interdisant l'étude des logiciels et des appareils sauf au motif - pas toujours évident à invoquer - d'interopérabilité.

Hadopiware dangereux

Autour d'un café, il m'explique que la sécurité serait un autre motif valable. "Le logiciel Hadopi d'Orange a des failles de conception graves. Il tourne avec les droits System et utilise un pipe nommé: n'importe quel programme peut le compromettre et le transformer en botnet. C'est potentiellement un problème de sécurité nationale. Ce programme aurait dû passer un audit de sécurité. Un cadre pour ce genre d'audit pourrait utiliser un tiers de confiance."

Pour Blancher, le hacking est aussi nécessaire à l'innovation. Beaucoup d'inventions marquantes sont le fait d'amateurs pointus, et ont été récupérées ensuite par l'industrie. Le VTT par exemple - alors qu'aujourd'hui tous les fabricants de vélo en profitent. En informatique, on a la technologie du bac à sable (sandbox), filon exploité par les éditeurs d'anti-virus entre autres.

Hacker les objets

Il me montre son appareil photo Pentax avec un objectif non prévu par le fabricant et dont il a adapté la monture. "Aujourd'hui, on subit la société de consommation. On est passif vis à vis des objets. Mon premier PC, un Amstrad 1512 avait 512 Ko de RAM et de toutes façon le DOS n'adressait pas plus. Beaucoup de programmes nécessitaient une configuration particulière pour fonctionner avec ces limites. Le bricolage était nécessaire. Entre ça et les PC d'aujourd'hui, achetés en grande surface, il y a un monde. Ceux-là n'ont aucune possibilités d'extension. Il n'y a pas d'incitation à aller plus loin que ce qui est prévu.

"Un bon informaticien, c'est quelqu'un qui a mis en pratique ses connaissances de base. Et je constate chez certains étudiants une connaissance superficielle des outils. Ils savent utiliser NMAP (un scanner de ports réseau) mais pas ce que font précisément les différentes options. Chez eux, la culture du bricolage, la curiosité critique vis à vis des appareils reculent. On leur dit que l'iPhone est sûr, ils le croient. Et ils ont tort.

"Pourtant, les possibilités offertes aux curieux n'ont jamais été aussi grandes, avec l'Arduino (circuit programmable libre), la Wiimote, le Kinect. Les fabricants mettent des freins légaux et techniques, d'autant plus que leur modèle économique repose dessus. L'iPhone est un terminal d'accès à un système distribué. On est obligé de passer par l'AppStore et iTunes. Android est inutilisable sans un compte Gmail. L'utilisateur ne contrôle pas les données personnelles qui passent dans ces systèmes.

"Pourquoi est-ce important d'étudier ces objets ? Il faut savoir comment ils marchent pour garder la main dessus. Il faut savoir comment fonctionne une machine à voter. C'est une question d'équilibre des pouvoirs et d'indépendance. La LCEN interdit la production, la possession d'outils de hacking. Chez EADS, les juristes ont interdit à une division de faire une démonstration à un client sur la base de cette loi. Le code de la propriété intellectuelle nous empêche de faire de l'ingénierie inverse sur des produits propriétaires d'origine étrangère pour évaluer leur degré de sécurité. C'est ennuyeux dans l'industrie aéronautique, surtout qu'il n'y a pas beaucoup de produits logiciels français."

vendredi 13 avril 2012

HES 2012: les paiements NFC ne sont pas sûrs

Il est possible de lire à distance des données personnelles et financières sur une carte bancaire NFC (Near Field Communication) comme l'a montré lors du HES 2012 Renaud Lifchitz, consultant en sécurité pour BT. NFC est une technologie de paiement sans contact et sans code secret (PIN). La carte ou le téléphone est approché du terminal et le paiement est effectif.

Il existe des failles de sécurité qu'une simple mise à jour logicielle résout. Dans ce cas, le problème est si profond qu'il faudrait repenser le protocole et faire accepter la nouvelle version par de nombreux acteurs. Le problème selon Lifchitz, est que le protocole ne prévoit rien pour authentifier la carte ou le terminal ni chiffrer l'échange. Devant l'assistance, il a lu à distance le contenu de sa propre carte à l'aide un bricolage de son crû. On avait à l'écran le nom, le numéro de compte, l'historique des transactions, entre autres. Il affirme avoir réalisé l'expérience à 15 mètres de distance, avec une antenne et un récepteur radio. Comparé à la carte Navigo, dont les échanges avec les bornes RATP sont authentifiés, la résistance du NFC est proche de zéro.

Il nous a ensuite précisé pourquoi : "Le protocole de paiement NFC devait être rétro-compatible avec EMV, le standard de communication entre les cartes (à contact) et les terminaux. NFC utilise les mêmes commandes que EMV, elles sont simplement encapsulées. EMV est donc utilisé dans un cadre pour lequel il n'a pas été conçu. On aurait pu sécuriser le transport".

Une solution ? Le portefeuille blindé ou alors parlez-en à votre banquier.

jeudi 12 avril 2012

Hackito Ergo Sum 2012 : hacker le hardware

Les 12, 13 et 14 avril, c'est HES (Hackito Ergo Sum) à l'Espace Niemeyer, le siège du Parti Communiste Français.



Depuis quelques années, le parti loue certaines parties de ce très beau bâtiment, pour soulager ses finances. Au programme de ce HES 2012, beaucoup d'interventions sur les moyens d'explorer sous toutes les coutures les appareils électroniques et notamment les ordiphones qui sont devenus un des supports de la vie sociale et économique. Hardware backdoors (portes dérobées incluses dans le matériel), attaques sur la couche physique des réseaux, exploits sur NFC (Near Field Communication) ou Android, devraient nous persuader d'être critiques vis à vis de ces outils. Cédric Blancher, qui a ouvert la session, constate que ses étudiants ont généralement confiance dans la sécurité de l'iPhone, parce qu'on leur dit que l'appareil est sûr : "Et bien ils ont tort" (interview complète ICI).



Niemeyer est un architecte brésilien qui a donné au béton ses lettres de noblesse. Le matériau se présente tel qu'en lui même. Il n'est pas caché sous du faux stuc comme à Las Vegas. A l'intérieur, les murs courbes guident les pas, divisent l'espace en lieux à taille humaine. A l'opposé de l'architecture soviétique (genre mairie de Montreuil), celle-ci est généreuse.



mercredi 11 avril 2012

Débuter en photographie

Jamais autant de photos ont été prises qu'aujourd'hui. La raison est que les téléphones portables sont devenus les premiers outils à faire des images. Ils constituent un excellent moyen pour s'exprimer en images sur les réseaux numériques mais certainement pas l'outil adéquat pour sortir du prêt-à-shooter et entrer dans la photographie. Certes, un esprit créatif pourra toujours faire des merveilles avec du ready-made, comme le montre le concours Cheap Camera, Pro Photographer, monté par Digital Rev TV. Mais ces gens ont fait du chemin pour en arriver là !



Pour aller au-delà des réglages permis par Instagram et consorts, il faut apprendre une grammaire plus simple mais aussi plus abstraite et donc universelle. Et il n'y a pas d'autre moyen.

La sensibilité d'un capteur est fonction inverse de la quantité de lumière nécessaire à une exposition correcte. Mais plus d'ISO n'est pas toujours mieux. C'est parfois nécessaire de réduire la sensibilité pour obtenir des temps de pose longs en plein jour, afin de rendre évident les mouvements. Des sensibilités très élevées (1600, 3200 ISO et plus) dégradent la qualité des images à cause du bruit, des artefacts qui apparaissent sur les images.

L'exposition est la quantité totale de lumière admise dans l'appareil pour une photo. L'exposition correcte est celle qui restitue l'effet recherché par le photographe. Si on recherche le plus souvent à capturer des détails dans les hautes et les basses lumières, c'est ce que font les algorithmes des appareils, rien n'interdit de sous-exposer ou sur-exposer volontairement une image. L'exposition est la combinaison du temps de pose (improprement appelé vitesse) et de l'ouverture.

Le temps de pose est le temps pendant lequel la lumière entre dans l'appareil. Un sujet mobile sera plus ou moins figé ou filé suivant que le temps de pose est court ou long. En dessous d'un temps de 1 seconde/focale, un support à l'appareil peut être nécessaire pour éviter un flou de bougé (de la part du photographe).

L'ouverture est la capacité d'un objectif à collecter la lumière. Elle est notée par un nombre qui est le rapport entre la distance focale et le diamètre de la pupille du diaphragme. D'un nombre d'ouverture à l'autre, on multiplie ou on divise par deux la quantité de lumière admise. Par exemple, un objectif ouvrant à 2 est deux fois plus lumineux à sa pleine ouverture qu'un autre ouvrant à 2.8. L'intérêt de grandes ouvertures (de nombre 2 et moins) est de pouvoir au besoin réduire le temps de pose, réduire la sensibilité (et limiter le bruit qui va avec des ISO élevés), réduire la profondeur de champ (la zone de netteté en avant et en arrière du sujet net).

La mise au point. On n'y pense rarement mais lorsqu'on compose une image, il faut choisir ce qui sera net et ce qui ne le sera pas. En se rapprochant du sujet et en ouvrant le diaphragme, la zone de netteté (profondeur de champ) se réduit. Cette zone est toujours plus étendue vers l'arrière du sujet que vers l'avant. Un objectif à grande focale (télé) donne moins de profondeur de champ qu'un grand-angle.

La composition, provient du cadrage et de la focale. L'un et l'autre sont deux choses distinctes. S'approcher d'un sujet ne donne pas la même composition que de zoomer dessus en restant loin.

Et voilà ! Avec ces éléments, on peut tout faire. Malheureusement, beaucoup d'appareils ne permettent pas d'intervenir sur ces paramètres. Ils proposent en revanche une litanie de pré-réglages, plus difficile à interpréter que les éléments ci-dessus et nécessairement limités. Exemple:

Programme image auto, programme, nocturne, vidéo, sous‐marin, film subaquatique, paysage, fleur, portrait, microscope numérique, grand‐angle numérique, mer et neige, Digital SR, enfants, animaux domestiques, mouvements, feux d’artifice, lumière tamisée, portrait nocturne,texte, créatifs, documents.

Et si je veux faire des animaux sauvages, des feuilles mortes et des étoiles ? Dans le prochain billet, je parlerai des appareils qui ne vous privent pas de votre liberté et vous permettent de vraiment débuter en photographie.

lundi 9 avril 2012

études de lumières

En photo argentique couleur, la question de l'équilibrage de la couleur se posait rarement au photographe. Les films proposés au grand public étaient (et sont encore !) faits pour rendre la lumière du jour et du flash et le laboratoire des famille pouvait corriger une éventuelle dominante colorée. Les professionnels disposaient de films pour l'éclairage tungstène, les lampes de studio qui chauffaient comme des BBQ. Les plus pointus avaient un thermocolorimètre pour vérifier la température de couleur de leur éclairage et des filtres pour corriger.
Avec la photo numérique, les appareils sont sensés équilibrer les blancs automatiquement. C'est une mauvaise idée de confier à la machine ce qui a de l'importance et qu'on peut faire soi-même. Rien n'est mieux que de constater de visu l'effet d'un patient réglage manuel. Pour la recette, il faut un appareil enregistrant en RAW et un éditeur avec une belle palette de réglages, comme Rawtherapee. Lire à ce propos l'article suivant.
Ci après, quelques exemples de lumières naturelles rendues difficiles par la dominante orangée du soleil couchant, la lueur bleutée diffusée par le ciel et le reflet vert de la végétation (cliquez sur les images pour les voir en grand).





dimanche 8 avril 2012

Equilibrer les couleurs d'une photo numérique

Pour rendre fidèlement les couleurs, un appareil doit savoir de quelles couleurs est composée la source de lumière. On parle de température de couleur. Comme les automatismes dans ce domaine sont assez mauvais, la règle est de placer le curseur sur l'icône de soleil si l'éclairage est fourni par la lumière du jour ou un flash électronique et sur l'icône de l'ampoule si la scène est éclairée par une ampoule à incandescence.

Pour les éclairages fluorescents, le problème est plus compliqué. Ces lampes économiques émettent un excès de lumière dans le vert et on se retrouve avec une source plus ou moins orangée et verdâtre à la fois, difficile à équilibrer.

Des sources composites

Sur le terrain, les sources de lumières sont mélangées. Tubes fluo et ampoule tungstène, bougie et coup de flash... Même le soleil joue des tours. Sa lumière directe est plus rouge s'il est bas sur l'horizon et sa lumière indirecte, diffusée par l'air, est teintée de bleu. Au coucher, on a un mélange d'orangé sur les objets éclairés et d'ombres très bleues. Il est alors intéressant de faire des réglages à la main.

Pour ça, il faut un appareil qui enregistre en format RAW et un éditeur de ces fichiers, par exemple Rawtherapee (RT).

Dans l'onglet couleur:

A l'ouverture du fichier, le réglage des couleurs est celui de l'appareil (menu Method: Camera). Comme le réglage de l'appareil était sur Lumière du jour, on a 5000 °K affiché sur le curseur. Mais visiblement l'image est trop bleue, avec aussi du magenta dans les hautes lumières. Pour rendre ça plus beau, il faut indiquer au logiciel la température de la source du lumière utilisée. Sans thermocolorimètre, il faut y aller au jugé. La scène est prise au soleil couchant (~4000 °K) et fortement éclairée par la lumière diffuse du ciel, très bleue (~6000 °K). On tâtonne un peu et 5600 °K donne un résultat satisfaisant et assez naturel. Le curseur Tint (teinte) joue sur le ratio vert/magenta, utile pour réduire l'excès de l'une ou l'autre couleur.

Dans l'onglet Exposition, on a ajouté un peu de noir pour donner plus de relief à une photo prise à contre-jour.





Pourquoi: "température de couleur" ?

Un corps chauffé produit de la lumière de toutes les couleurs mais en quantité variable suivant la température. A la température du soleil (~5000 °K), il rayonne un maximum d'intensité sur la partie jaune et verte du spectre tandis que le filament d'une ampoule (3000 °K) donne une lumière beaucoup plus riche en rouge-orangé. Par une nuit claire, on peut voir des étoiles aux reflets rouges. Elles sont plus froides que le soleil (3000 °K). D'autres, d'un blanc bleuté, sont très chaudes, à 8000 °K et plus. Les degrés K (Kelvin) sont sur l'échelle absolue, en usage en physique. C'est la même que l'échelle Celsius (°C) mais décalée de 273,15 ° vers le bas. 0 °K, le zéro absolu = -273,15 °C.
Vous avez remarqué qu'on dit couramment d'une lumière bleutée, fournie par une source très chaude, qu'elle est "froide" parce que le bleu est associé à la glace ou la neige. Et inversement, le rouge, l'orangé sont des couleurs qualifiées de "chaudes". Mais en physique c'est le contraire. Le bleu est plus chaud que le rouge.

samedi 31 mars 2012

Un (Intel) Atom suffit-il ?

Le PC n'est plus à la mode. L'intérêt du public s'est déplacé vers les appareils légers - ordiphones, tablettes - mieux adaptés à la vie sur les réseaux sociaux et à la consommation de biens numériques. Le poste de travail reste pourtant irremplaçable. Son utilisation est plus confortable grâce à un écran et un clavier plus grands, il est extensible par ses divers connecteurs (SATA, USB, IEEE 1394, etc.), son système est assez souple pour s'adapter à des tâches très diverses. La contrepartie de cette universalité est la relative difficulté d'apprentissage. Un PC, même récent, laisse l'utilisateur en charge de nombreux aspects techniques, tandis que la tablette est une sorte de télécommande perfectionnée. Il ne s'agit pas de plaider ici en faveur du PC ou de la tablette mais de poser la question: A-t-on besoin d'un processeur très puissant sur un poste de travail ? Et plus précisément: A-t-on besoin de quelque chose de plus puissant qu'un Atom ? On pourrait facilement faire dire Oui au bon sens. Une bonne réserve de puissance n'est-elle pas nécessaire si la machine est susceptible d'être employée un jour comme banc de montage vidéo ? C'est le raisonnement que je conteste, expérience à l'appui. C'est en fait à l'inverse qu'il faut raisonner. Si vous montez toute la journée des vidéos ou votre métier implique le traitement d'images en haute définition, vous avez sûrement déjà quelque chose comme un Core i5 ou un Phenom X4. Mais si vous ne savez pas bien, c'est que vous serez sûrement satisfaits par quelque chose de plus simple et de moins cher à l'achat et en consommation électrique. Des processeurs de serveurs Les processeurs de PC sont des déclinaisons simplifiées de puces conçues pour des serveurs pour lesquels la priorité est la rapidité de traitement. Même en version allégée et bardée de techniques de gestion de l'énergie, une telle architecture est sur-dimensionnée sur un ordinateur personnel. Lorsqu'ils travaillent, les processeurs récents ont un très bon rapport Puissance de calcul / Puissance électrique consommée. Mais leur taux d'occupation est extrêmement faible. Ils passent leur temps à attendre. Même si le PC ne fait rien, il pompe du jus et ce d'autant plus qu'il est (potentiellement) puissant: 70 Watts pour un petit, 150 Watts pour un gros. Ce valeurs peuvent doubler lorsque la machine est à pleine charge. Longtemps, on n'a pas eu d'autre choix que de s'équiper avec ces bécanes énergivores. Et puis sont venus les puces conçues pour des portables légers (les Netbooks), les appareils mobiles de lecture multimédia. On a eu le VIA C3, puis Atom d'Intel, AMD E-350 et les Tegra. Atom est un CPU à exécution dans l'ordre, E-350 tend à fusionner le CPU et le GPU, Tegra est construit avec l'architecture ARM, conjuguant RISC et faible consommation. Ces appareils demandent 20 à 35 Watts à pleins tubes. Pas de doute, c'est pas du big iron. Aujourd'hui, il existe de petites cartes mères bon marché au format mini-ITX, avec un processeur intégré Intel Atom (http://www.mini-itx.com/store/?c=47) ou AMD E-350 (http://www.mini-itx.com/store/?c=69). Vous rajoutez de la mémoire (2 Go ou plus), un disque, une alimentation de faible puissance (http://www.ldlc.com/fiche/PB00052307.html) et vous aurez la base d'un PC à moins de 300 €. Asus AT3IONT-I Il y a deux ans, j'ai assemblé une petite machine autour d'une Asus AT3IONT-I, avec un Atom 330 et un jeu de composants Nvidia ION. Sans surprise, elle est silencieuse (refroidissement passif), économe (23 Watts au repos) et tient dans une jolie petite boîte. Alors, que vaut-elle pour faire tourner les logiciels ? J'utilise un Debian GNU/Linux 64 bits en version de test, en principe peu optimisée. Le démarrage est un peu lent ~1 minute. L'utilisation de Gnome 3 est très fluide, sauf le premier affichage des icônes de lanceurs d'applications dans le mode Activités. Un navigateur avec toujours plus de dix onglets dont quelques services en AJAX, un lecteur de courrier, un traitement de texte fonctionnent simultanément sans a-coups et occupent avec le système ~750 Mo de RAM. La lecture de fichiers multimédias est fluide, comme le constate Hot Hardware (http://hothardware.com/Reviews/NVIDIA-Ion-Reference-PC-Platform-Performance-Deep-Dive-/?page=3). Pour un usage quotidien, plus n'est pas mieux. Si on s'en tenait aux bancs test, on pourrait en revanche s'inquiéter pour les gros travaux d'image ou de vidéo. Comparé à un Core i7 2730QM@2 Ghz, l'écart va de un à cent pour le score CPU Mark (http://www.cpubenchmark.net/cpu.php?cpu=Intel+Atom+330+%40+1.60GHz) !
Le RAW du D800 à 36 Millions de pixels Dans mon expérience, je n'ai jamais pesté contre la lenteur supposée de ma machine. Je travaille régulièrement avec des images RAW de 14 Mo et il m'arrive de créer des vidéos en 720p / 480p destinées au web. En fait, ces logiciels diffèrent les traitements lourds lors de l'enregistrement du fichier tandis que le travail d'édition reste interactif. RawTherapee, l'éditeur RAW, peut regrouper l'enregistrement de plusieurs fichiers après que l'utilisateur a fini son travail. Par curiosité, j'ai essayé sur un fichier RAW du nouveau Nikon D800 une série de réglages moyennement lourds. Le temps de traitement pour un fichier de 51 Mo est de 9 minutes 15 secondes. Il donne un fichier TIFF de 110 Mo. Cinq fichiers à l'heure, c'est très insuffisant pour faire du flux. Mais pour un amateur ou un paysagiste méticuleux, c'est encore honorable. Attention, certains réglages dans RT peuvent augmenter beaucoup le temps de calcul mais ils ne sont pas d'un usage systématique. A l'avenir, je crois que le poste de travail personnel, va davantage subir les retombées des progrès réalisés sur les appareils mobiles. La fusion CPU+GPU est prometteuse. Côté logiciel, on peut penser que les traitements d'image ou vidéo seront réalisés d'ici peu par les GPU OpenCL ou CUDA, avec des temps de calcul drastiquement réduits.

dimanche 11 mars 2012

Comment (bien) passer de Gnome 2 à Gnome 3 (suite)

Le nouveau bureau du Linux est plus simple à utiliser et plus rationnel que le précédent. Un exemple suffit à convaincre.

Pour utiliser une application avec Gnome 2, il faut d’abord se demander si elle est déjà lancée. Si ce n’est pas le cas, on doit la chercher dans un sous-menu du menu des applications situé en haut à gauche de l’écran. La souris glisse parfois en dehors du menu. Si on veut éviter la manip, il faut peupler le panneau supérieur d’icônes de raccourcis. Mais si l’application est lancée, ces icônes sont inutiles. Pour amener la fenêtre à l’avant plan, on doit aller cliquer dans la barre des tâches située... en bas de l’écran. On s’est trop bien habitué à cette gymnastique sadique. Gnome 3 est une tentative pour rompre avec cette perversion. Mais il faut savoir utiliser les nouvelles ressources mises à disposition de l’utilisateur et notamment les commandes au clavier.

Le mode Activités

Gnome 3 rassemble en un seul outil les fonctions de bascule entre les tâches en cours et le lancement de nouvelles. Il s’agit du mode Activités. On l’atteint en plaçant la souris dans le coin supérieur gauche de l’écran ou d’une pression sur le bouton Logo/Super (ou Alt+F1).

Une barre verticale à gauche - le dash - accueille les icônes de lanceurs et d’applications en cours d’exécution. Pour lancer plusieurs programmes à la suite, on fait glisser leurs icônes hors du dash.

Au centre de l’écran, les fenêtres de programmes en cours vers lesquelles on peut basculer ou que l’on peut fermer avec un clic bien placé.

A droite, un peu en retrait si la souris ne les survole pas, les espaces de travail vers lesquels on peut ranger des groupes de fenêtres.

Si le programme recherché est absent du dash, on tape directement le nom de l’application. S’affichent alors des éléments stockés dans ordinateur (fichiers, dossiers, programmes) dont le nom commence par les lettres déjà tapées. Dès que le programme recherché est le seul élément affiché, la touche Entrée lance l’exécution.



Pour explorer l’ensemble des programmes installés sur la machine, on clique dans l’onglet Applications du mode Activités. Sur la droite en colonne, les catégories filtrent tout ce bazar. On peut ajouter des icônes au dash (clic droit -> ajouter ou glisser à la souris).

Quelles que soit la manière retenue, trouver un programme et le lancer est nettement plus rapide avec Gnome 3.

Un bureau centré sur les applications

La manipulation des fenêtres n’est pas si affreuse qu’on pouvait le craindre en constatant la suppression des boutons Minimiser et Maximiser. Le raccourci Alt+Tab affiche la liste des programmes en cours et permet d’en choisir un à mettre à l’avant plan. L’opération amène à l’avant plan toutes les fenêtres de l’application - c’est logique non ? Pour choisir entre ces dernières, on utilise le raccourci Alt+² (la touche au dessus de Tab).

Pour maximiser une fenêtre, on glisse sa barre de titre jusqu’en haut de l’écran. Si on la glisse vers un bord droit ou gauche, elle se dimensionne de façon à occuper la moitié droite ou gauche.

Par défaut un clic du milieu envoie la fenêtre à l’arrière-plan et dégage la vue sur les autres applications en cours. Inutile de chercher à voir le bureau puisque il n’y a pas de documents dessus. Quand c’est le cas, il devient rapidement un foutoir.

Critiques

J’ai fait l’expérience qu’il est possible et même facile de passer à Gnome 3, en adoptant sa logique. Les outils proposés sont simples mais suffisants. Je ne regrette absolument pas l’ancienne manière, avec Gnome 2. Cependant, quelques points du nouveau bureau me semblent un peu faibles.

L’absence de barre des tâches visible en permanence est parfois gênante. Si l’on veut se remémorer les tâches en cours, il faut taper au clavier ou jouer de la souris alors qu’un coup d’oeil au dash suffirait. Une petite option pour régler la visibilité permanente et éventuellement la taille du dash sera bienvenue. Sur les écrans actuels, avec plein de place à l’horizontale, ça ne gênerait pas. Une extension Dock existe mais elle fait double-emploi avec le dash.

Ensuite, j’ai un peu de mal à appréhender les espaces de travail. En général, ils rendent plus difficile d’accès des fenêtres plutôt qu’ils ne simplifient leur gestion (il faut taper plus de fois Tab pour atteindre une fenêtre placée dans un autre espace). C’est peut-être intéressant sur un grand écran où l’on peut avoir toutes ses fenêtres côte à côte et où l’on souhaite n’avoir que celles utiles à une tâche afin d’éviter les distractions. Mais mon écran est un «modeste» 17 pouces.

Voilà ! Je trouve intéressant d’essayer d’utiliser Gnome 3 tel quel, «Vanille». Pour les irréductibles du bidouillage, http://extensions.gnome.org.

Pour les raccourcis clavier, c’est là: http://www.tux-planet.fr/toutes-les-astuces-pour-gnome-shell/#raccourcis

lundi 5 mars 2012

Comment (bien) passer de Gnome 2 à Gnome 3

En matière d’interface graphique d’ordinateur (GUI in english), les changements sont rares, les révolutions encore moins. Pensez à la barre de tâche et au menu démarrer, apparus avec Windows 95, que l’on retrouve presque inchangés sur Windows Vista. Et le public d’utilisateurs est souvent frileux, conservateur voire réactionnaire lorsqu’un changement autre que cosmétique survient. Révolution! Lorsque Apple fusionne la sublime interface de NeXT avec le vénérable Finder de Mac OS. Psychodrame! Quand Microsoft innove enfin avec Windows 7 et son interface centrée sur les applications. Dans la nouvelle barre Windows, plus de distinction entre lanceur et tâche en cours, mis à part un discret indicateur d’activité. Un clic sur le bouton amène l’appli au premier plan (si elle est déjà lancée) avec toutes ses fenêtres. Un comportement bien plus logique sur un poste de travail individuel, inauguré par le Macintosh dans les années 1980. Ce progrès incontestable a bien sûr été vertement décrié par de nombreux nostalgiques qui avaient fini par aimer les horreurs passées. Avec Gnome 3, on assiste aujourd’hui sur le bureau Linux aux mêmes crispations.

Linus Torvalds, le leader du développement du noyau Linux, a aussi critiqué la nouvelle interface mais si les développeurs hard core avaient de bonnes idées sur les interfaces, on le saurait. En fait, la conception de Gnome 3 s’est appuyée sur de nombreuses recherches dans le domaine des interfaces homme-machine. Et on peut dire qu’il représente un des rares produits vraiment neufs depuis NeXT (1989). Ce bureau pour systèmes Linux et BSD est sorti en avril 2011. Sans surprise, la version initiale (3.0) était assez mal finie et ne donnait pas une idée juste des intentions du projet. La version que j'utilise au moment d'écrire ces lignes (3.2) est bien meilleure à cet égard.

L’esprit de Gnome 3

Comme d’autres environnements graphiques, Gnome 2 avait adopté la métaphore du bureau et était organisé autour du gestionnaire de fichier, Nautilus. Avec des disques pouvant contenir des gigaoctets et la procrastination aidant, le bureau de la plupart des gens est devenu une poubelle où s’entassent fichiers téléchargés, travail en cours, notes et raccourcis divers. En outre, il est dissimulé en permanence par les fenêtres ouvertes. Ce constat dressé par les les promoteurs du projet Gnome 3 m’a semblé extrêmement juste.

capture réalisée sans trucage d’un bureau ordinaire :
bureau-gnome-poubelle.png



Les principes retenus pour Gnome 3 : la suppression de l’affichage du bureau, la suppression des boutons de fenêtre Minimiser et Maximiser, semblent retirer des fonctionnalités mais en fait déchargent l’utilisateur d’une distraction devenue inutile. Certaines extensions proposées dans Gnome-tweak-tool réintroduisent les fonctions abandonnées, ce qui ne fait que retarder la transition.

Gnome-tweak-tool: ne pas en abuser.



Ce qu’il faut faire pour aimer Gnome 3, c’est apprendre à l’utiliser tel quel, sans extensions. Gnome-Shell permet d’organiser les tâches en cours autour des applications, des dossiers dans l’explorateur de fichier et des espaces de travail. Avec l’intégration du moteur de recherche Tracker et du journal d’événements Zeitgeist, on retrouve rapidement un document, un contact, un dossier récemment utilisé en tapant quelques lettres du nom du fichier ou de son contenu. On peut aussi retrouver des fichiers par un jeu d’étiquettes qu’on lui associe à l’aide de Nautilus. Il faut aussi garder un oeil sur Gnome-Document, un gestionnaire de documents auquel pourraient être intégrées des fonctions de gestion documentaire.

Les tags dans Nautilus:




Oublier le bureau.

Bien employé Gnome-Shell est efficace. J’ai abandonné mon bureau surchargé et entrepris de le ranger, à mon rythme. Il reste une extension utilisateur que j’ai gardée, il s’agit des thèmes. Une jolie interface n’a jamais fait de mal à personne.