dimanche 8 avril 2012

Equilibrer les couleurs d'une photo numérique

Pour rendre fidèlement les couleurs, un appareil doit savoir de quelles couleurs est composée la source de lumière. On parle de température de couleur. Comme les automatismes dans ce domaine sont assez mauvais, la règle est de placer le curseur sur l'icône de soleil si l'éclairage est fourni par la lumière du jour ou un flash électronique et sur l'icône de l'ampoule si la scène est éclairée par une ampoule à incandescence.

Pour les éclairages fluorescents, le problème est plus compliqué. Ces lampes économiques émettent un excès de lumière dans le vert et on se retrouve avec une source plus ou moins orangée et verdâtre à la fois, difficile à équilibrer.

Des sources composites

Sur le terrain, les sources de lumières sont mélangées. Tubes fluo et ampoule tungstène, bougie et coup de flash... Même le soleil joue des tours. Sa lumière directe est plus rouge s'il est bas sur l'horizon et sa lumière indirecte, diffusée par l'air, est teintée de bleu. Au coucher, on a un mélange d'orangé sur les objets éclairés et d'ombres très bleues. Il est alors intéressant de faire des réglages à la main.

Pour ça, il faut un appareil qui enregistre en format RAW et un éditeur de ces fichiers, par exemple Rawtherapee (RT).

Dans l'onglet couleur:

A l'ouverture du fichier, le réglage des couleurs est celui de l'appareil (menu Method: Camera). Comme le réglage de l'appareil était sur Lumière du jour, on a 5000 °K affiché sur le curseur. Mais visiblement l'image est trop bleue, avec aussi du magenta dans les hautes lumières. Pour rendre ça plus beau, il faut indiquer au logiciel la température de la source du lumière utilisée. Sans thermocolorimètre, il faut y aller au jugé. La scène est prise au soleil couchant (~4000 °K) et fortement éclairée par la lumière diffuse du ciel, très bleue (~6000 °K). On tâtonne un peu et 5600 °K donne un résultat satisfaisant et assez naturel. Le curseur Tint (teinte) joue sur le ratio vert/magenta, utile pour réduire l'excès de l'une ou l'autre couleur.

Dans l'onglet Exposition, on a ajouté un peu de noir pour donner plus de relief à une photo prise à contre-jour.





Pourquoi: "température de couleur" ?

Un corps chauffé produit de la lumière de toutes les couleurs mais en quantité variable suivant la température. A la température du soleil (~5000 °K), il rayonne un maximum d'intensité sur la partie jaune et verte du spectre tandis que le filament d'une ampoule (3000 °K) donne une lumière beaucoup plus riche en rouge-orangé. Par une nuit claire, on peut voir des étoiles aux reflets rouges. Elles sont plus froides que le soleil (3000 °K). D'autres, d'un blanc bleuté, sont très chaudes, à 8000 °K et plus. Les degrés K (Kelvin) sont sur l'échelle absolue, en usage en physique. C'est la même que l'échelle Celsius (°C) mais décalée de 273,15 ° vers le bas. 0 °K, le zéro absolu = -273,15 °C.
Vous avez remarqué qu'on dit couramment d'une lumière bleutée, fournie par une source très chaude, qu'elle est "froide" parce que le bleu est associé à la glace ou la neige. Et inversement, le rouge, l'orangé sont des couleurs qualifiées de "chaudes". Mais en physique c'est le contraire. Le bleu est plus chaud que le rouge.

samedi 31 mars 2012

Un (Intel) Atom suffit-il ?

Le PC n'est plus à la mode. L'intérêt du public s'est déplacé vers les appareils légers - ordiphones, tablettes - mieux adaptés à la vie sur les réseaux sociaux et à la consommation de biens numériques. Le poste de travail reste pourtant irremplaçable. Son utilisation est plus confortable grâce à un écran et un clavier plus grands, il est extensible par ses divers connecteurs (SATA, USB, IEEE 1394, etc.), son système est assez souple pour s'adapter à des tâches très diverses. La contrepartie de cette universalité est la relative difficulté d'apprentissage. Un PC, même récent, laisse l'utilisateur en charge de nombreux aspects techniques, tandis que la tablette est une sorte de télécommande perfectionnée. Il ne s'agit pas de plaider ici en faveur du PC ou de la tablette mais de poser la question: A-t-on besoin d'un processeur très puissant sur un poste de travail ? Et plus précisément: A-t-on besoin de quelque chose de plus puissant qu'un Atom ? On pourrait facilement faire dire Oui au bon sens. Une bonne réserve de puissance n'est-elle pas nécessaire si la machine est susceptible d'être employée un jour comme banc de montage vidéo ? C'est le raisonnement que je conteste, expérience à l'appui. C'est en fait à l'inverse qu'il faut raisonner. Si vous montez toute la journée des vidéos ou votre métier implique le traitement d'images en haute définition, vous avez sûrement déjà quelque chose comme un Core i5 ou un Phenom X4. Mais si vous ne savez pas bien, c'est que vous serez sûrement satisfaits par quelque chose de plus simple et de moins cher à l'achat et en consommation électrique. Des processeurs de serveurs Les processeurs de PC sont des déclinaisons simplifiées de puces conçues pour des serveurs pour lesquels la priorité est la rapidité de traitement. Même en version allégée et bardée de techniques de gestion de l'énergie, une telle architecture est sur-dimensionnée sur un ordinateur personnel. Lorsqu'ils travaillent, les processeurs récents ont un très bon rapport Puissance de calcul / Puissance électrique consommée. Mais leur taux d'occupation est extrêmement faible. Ils passent leur temps à attendre. Même si le PC ne fait rien, il pompe du jus et ce d'autant plus qu'il est (potentiellement) puissant: 70 Watts pour un petit, 150 Watts pour un gros. Ce valeurs peuvent doubler lorsque la machine est à pleine charge. Longtemps, on n'a pas eu d'autre choix que de s'équiper avec ces bécanes énergivores. Et puis sont venus les puces conçues pour des portables légers (les Netbooks), les appareils mobiles de lecture multimédia. On a eu le VIA C3, puis Atom d'Intel, AMD E-350 et les Tegra. Atom est un CPU à exécution dans l'ordre, E-350 tend à fusionner le CPU et le GPU, Tegra est construit avec l'architecture ARM, conjuguant RISC et faible consommation. Ces appareils demandent 20 à 35 Watts à pleins tubes. Pas de doute, c'est pas du big iron. Aujourd'hui, il existe de petites cartes mères bon marché au format mini-ITX, avec un processeur intégré Intel Atom (http://www.mini-itx.com/store/?c=47) ou AMD E-350 (http://www.mini-itx.com/store/?c=69). Vous rajoutez de la mémoire (2 Go ou plus), un disque, une alimentation de faible puissance (http://www.ldlc.com/fiche/PB00052307.html) et vous aurez la base d'un PC à moins de 300 €. Asus AT3IONT-I Il y a deux ans, j'ai assemblé une petite machine autour d'une Asus AT3IONT-I, avec un Atom 330 et un jeu de composants Nvidia ION. Sans surprise, elle est silencieuse (refroidissement passif), économe (23 Watts au repos) et tient dans une jolie petite boîte. Alors, que vaut-elle pour faire tourner les logiciels ? J'utilise un Debian GNU/Linux 64 bits en version de test, en principe peu optimisée. Le démarrage est un peu lent ~1 minute. L'utilisation de Gnome 3 est très fluide, sauf le premier affichage des icônes de lanceurs d'applications dans le mode Activités. Un navigateur avec toujours plus de dix onglets dont quelques services en AJAX, un lecteur de courrier, un traitement de texte fonctionnent simultanément sans a-coups et occupent avec le système ~750 Mo de RAM. La lecture de fichiers multimédias est fluide, comme le constate Hot Hardware (http://hothardware.com/Reviews/NVIDIA-Ion-Reference-PC-Platform-Performance-Deep-Dive-/?page=3). Pour un usage quotidien, plus n'est pas mieux. Si on s'en tenait aux bancs test, on pourrait en revanche s'inquiéter pour les gros travaux d'image ou de vidéo. Comparé à un Core i7 2730QM@2 Ghz, l'écart va de un à cent pour le score CPU Mark (http://www.cpubenchmark.net/cpu.php?cpu=Intel+Atom+330+%40+1.60GHz) !
Le RAW du D800 à 36 Millions de pixels Dans mon expérience, je n'ai jamais pesté contre la lenteur supposée de ma machine. Je travaille régulièrement avec des images RAW de 14 Mo et il m'arrive de créer des vidéos en 720p / 480p destinées au web. En fait, ces logiciels diffèrent les traitements lourds lors de l'enregistrement du fichier tandis que le travail d'édition reste interactif. RawTherapee, l'éditeur RAW, peut regrouper l'enregistrement de plusieurs fichiers après que l'utilisateur a fini son travail. Par curiosité, j'ai essayé sur un fichier RAW du nouveau Nikon D800 une série de réglages moyennement lourds. Le temps de traitement pour un fichier de 51 Mo est de 9 minutes 15 secondes. Il donne un fichier TIFF de 110 Mo. Cinq fichiers à l'heure, c'est très insuffisant pour faire du flux. Mais pour un amateur ou un paysagiste méticuleux, c'est encore honorable. Attention, certains réglages dans RT peuvent augmenter beaucoup le temps de calcul mais ils ne sont pas d'un usage systématique. A l'avenir, je crois que le poste de travail personnel, va davantage subir les retombées des progrès réalisés sur les appareils mobiles. La fusion CPU+GPU est prometteuse. Côté logiciel, on peut penser que les traitements d'image ou vidéo seront réalisés d'ici peu par les GPU OpenCL ou CUDA, avec des temps de calcul drastiquement réduits.

dimanche 11 mars 2012

Comment (bien) passer de Gnome 2 à Gnome 3 (suite)

Le nouveau bureau du Linux est plus simple à utiliser et plus rationnel que le précédent. Un exemple suffit à convaincre.

Pour utiliser une application avec Gnome 2, il faut d’abord se demander si elle est déjà lancée. Si ce n’est pas le cas, on doit la chercher dans un sous-menu du menu des applications situé en haut à gauche de l’écran. La souris glisse parfois en dehors du menu. Si on veut éviter la manip, il faut peupler le panneau supérieur d’icônes de raccourcis. Mais si l’application est lancée, ces icônes sont inutiles. Pour amener la fenêtre à l’avant plan, on doit aller cliquer dans la barre des tâches située... en bas de l’écran. On s’est trop bien habitué à cette gymnastique sadique. Gnome 3 est une tentative pour rompre avec cette perversion. Mais il faut savoir utiliser les nouvelles ressources mises à disposition de l’utilisateur et notamment les commandes au clavier.

Le mode Activités

Gnome 3 rassemble en un seul outil les fonctions de bascule entre les tâches en cours et le lancement de nouvelles. Il s’agit du mode Activités. On l’atteint en plaçant la souris dans le coin supérieur gauche de l’écran ou d’une pression sur le bouton Logo/Super (ou Alt+F1).

Une barre verticale à gauche - le dash - accueille les icônes de lanceurs et d’applications en cours d’exécution. Pour lancer plusieurs programmes à la suite, on fait glisser leurs icônes hors du dash.

Au centre de l’écran, les fenêtres de programmes en cours vers lesquelles on peut basculer ou que l’on peut fermer avec un clic bien placé.

A droite, un peu en retrait si la souris ne les survole pas, les espaces de travail vers lesquels on peut ranger des groupes de fenêtres.

Si le programme recherché est absent du dash, on tape directement le nom de l’application. S’affichent alors des éléments stockés dans ordinateur (fichiers, dossiers, programmes) dont le nom commence par les lettres déjà tapées. Dès que le programme recherché est le seul élément affiché, la touche Entrée lance l’exécution.



Pour explorer l’ensemble des programmes installés sur la machine, on clique dans l’onglet Applications du mode Activités. Sur la droite en colonne, les catégories filtrent tout ce bazar. On peut ajouter des icônes au dash (clic droit -> ajouter ou glisser à la souris).

Quelles que soit la manière retenue, trouver un programme et le lancer est nettement plus rapide avec Gnome 3.

Un bureau centré sur les applications

La manipulation des fenêtres n’est pas si affreuse qu’on pouvait le craindre en constatant la suppression des boutons Minimiser et Maximiser. Le raccourci Alt+Tab affiche la liste des programmes en cours et permet d’en choisir un à mettre à l’avant plan. L’opération amène à l’avant plan toutes les fenêtres de l’application - c’est logique non ? Pour choisir entre ces dernières, on utilise le raccourci Alt+² (la touche au dessus de Tab).

Pour maximiser une fenêtre, on glisse sa barre de titre jusqu’en haut de l’écran. Si on la glisse vers un bord droit ou gauche, elle se dimensionne de façon à occuper la moitié droite ou gauche.

Par défaut un clic du milieu envoie la fenêtre à l’arrière-plan et dégage la vue sur les autres applications en cours. Inutile de chercher à voir le bureau puisque il n’y a pas de documents dessus. Quand c’est le cas, il devient rapidement un foutoir.

Critiques

J’ai fait l’expérience qu’il est possible et même facile de passer à Gnome 3, en adoptant sa logique. Les outils proposés sont simples mais suffisants. Je ne regrette absolument pas l’ancienne manière, avec Gnome 2. Cependant, quelques points du nouveau bureau me semblent un peu faibles.

L’absence de barre des tâches visible en permanence est parfois gênante. Si l’on veut se remémorer les tâches en cours, il faut taper au clavier ou jouer de la souris alors qu’un coup d’oeil au dash suffirait. Une petite option pour régler la visibilité permanente et éventuellement la taille du dash sera bienvenue. Sur les écrans actuels, avec plein de place à l’horizontale, ça ne gênerait pas. Une extension Dock existe mais elle fait double-emploi avec le dash.

Ensuite, j’ai un peu de mal à appréhender les espaces de travail. En général, ils rendent plus difficile d’accès des fenêtres plutôt qu’ils ne simplifient leur gestion (il faut taper plus de fois Tab pour atteindre une fenêtre placée dans un autre espace). C’est peut-être intéressant sur un grand écran où l’on peut avoir toutes ses fenêtres côte à côte et où l’on souhaite n’avoir que celles utiles à une tâche afin d’éviter les distractions. Mais mon écran est un «modeste» 17 pouces.

Voilà ! Je trouve intéressant d’essayer d’utiliser Gnome 3 tel quel, «Vanille». Pour les irréductibles du bidouillage, http://extensions.gnome.org.

Pour les raccourcis clavier, c’est là: http://www.tux-planet.fr/toutes-les-astuces-pour-gnome-shell/#raccourcis

lundi 5 mars 2012

Comment (bien) passer de Gnome 2 à Gnome 3

En matière d’interface graphique d’ordinateur (GUI in english), les changements sont rares, les révolutions encore moins. Pensez à la barre de tâche et au menu démarrer, apparus avec Windows 95, que l’on retrouve presque inchangés sur Windows Vista. Et le public d’utilisateurs est souvent frileux, conservateur voire réactionnaire lorsqu’un changement autre que cosmétique survient. Révolution! Lorsque Apple fusionne la sublime interface de NeXT avec le vénérable Finder de Mac OS. Psychodrame! Quand Microsoft innove enfin avec Windows 7 et son interface centrée sur les applications. Dans la nouvelle barre Windows, plus de distinction entre lanceur et tâche en cours, mis à part un discret indicateur d’activité. Un clic sur le bouton amène l’appli au premier plan (si elle est déjà lancée) avec toutes ses fenêtres. Un comportement bien plus logique sur un poste de travail individuel, inauguré par le Macintosh dans les années 1980. Ce progrès incontestable a bien sûr été vertement décrié par de nombreux nostalgiques qui avaient fini par aimer les horreurs passées. Avec Gnome 3, on assiste aujourd’hui sur le bureau Linux aux mêmes crispations.

Linus Torvalds, le leader du développement du noyau Linux, a aussi critiqué la nouvelle interface mais si les développeurs hard core avaient de bonnes idées sur les interfaces, on le saurait. En fait, la conception de Gnome 3 s’est appuyée sur de nombreuses recherches dans le domaine des interfaces homme-machine. Et on peut dire qu’il représente un des rares produits vraiment neufs depuis NeXT (1989). Ce bureau pour systèmes Linux et BSD est sorti en avril 2011. Sans surprise, la version initiale (3.0) était assez mal finie et ne donnait pas une idée juste des intentions du projet. La version que j'utilise au moment d'écrire ces lignes (3.2) est bien meilleure à cet égard.

L’esprit de Gnome 3

Comme d’autres environnements graphiques, Gnome 2 avait adopté la métaphore du bureau et était organisé autour du gestionnaire de fichier, Nautilus. Avec des disques pouvant contenir des gigaoctets et la procrastination aidant, le bureau de la plupart des gens est devenu une poubelle où s’entassent fichiers téléchargés, travail en cours, notes et raccourcis divers. En outre, il est dissimulé en permanence par les fenêtres ouvertes. Ce constat dressé par les les promoteurs du projet Gnome 3 m’a semblé extrêmement juste.

capture réalisée sans trucage d’un bureau ordinaire :
bureau-gnome-poubelle.png



Les principes retenus pour Gnome 3 : la suppression de l’affichage du bureau, la suppression des boutons de fenêtre Minimiser et Maximiser, semblent retirer des fonctionnalités mais en fait déchargent l’utilisateur d’une distraction devenue inutile. Certaines extensions proposées dans Gnome-tweak-tool réintroduisent les fonctions abandonnées, ce qui ne fait que retarder la transition.

Gnome-tweak-tool: ne pas en abuser.



Ce qu’il faut faire pour aimer Gnome 3, c’est apprendre à l’utiliser tel quel, sans extensions. Gnome-Shell permet d’organiser les tâches en cours autour des applications, des dossiers dans l’explorateur de fichier et des espaces de travail. Avec l’intégration du moteur de recherche Tracker et du journal d’événements Zeitgeist, on retrouve rapidement un document, un contact, un dossier récemment utilisé en tapant quelques lettres du nom du fichier ou de son contenu. On peut aussi retrouver des fichiers par un jeu d’étiquettes qu’on lui associe à l’aide de Nautilus. Il faut aussi garder un oeil sur Gnome-Document, un gestionnaire de documents auquel pourraient être intégrées des fonctions de gestion documentaire.

Les tags dans Nautilus:




Oublier le bureau.

Bien employé Gnome-Shell est efficace. J’ai abandonné mon bureau surchargé et entrepris de le ranger, à mon rythme. Il reste une extension utilisateur que j’ai gardée, il s’agit des thèmes. Une jolie interface n’a jamais fait de mal à personne.

mardi 14 février 2012

D’où vient l’énergie de la bombe atomique ?

J’ai vu récemment sur un magazine en ligne un article sensé expliquer le plus simplement du monde le fonctionnement d’une bombe atomique. L’apocalypse pour les nuls en somme. Le résultat - le premier essai en tous cas - était une catastrophe, un Fukushima pédagogique. L’article, en plus des erreurs factuelles, ne formulait pas une question essentielle: «pourquoi y a-t-il autant d’énergie dans une bombe atomique?» Évidemment, formuler une réponse claire n’est pas si facile. Alors prenez ce qui suis pour un exercice.

Quand elle explose, une bombe atomique libère une quantité énorme d’énergie, équivalente à des millions de fois celle d’une bombe classique, alors que le volume et la masse sont du même ordre. On à l’habitude d’en comparer les effets mécaniques avec la quantité d’explosif chimique (du TNT - Trinitrotoluène) qui produirait une explosion équivalente. Et on doit parler en kilotonnes (milliers de tonnes) ou mégatonnes (millions de tonnes). Et ces unités ne rendent pas compte des effets thermiques ou radiologiques. Ce concentré d’énergie procure à la nation qui possède la bombe une puissance politique importante et parfois disproportionnée.

Une explosion atomique à fission produit une détonation équivalente à des dizaines de milliers de tonnes de TNT.



Mais d’où sort cette énergie ?

De différentes manières, la matière peut stocker d’importantes quantités d’énergie. Qu’on pense à un réservoir de barrage ou un ressort de montre, et on a une idée de ce qu’est cette énergie potentielle. A petite échelle, celle des molécules ou des noyaux d’atomes, l’énergie potentielle est liée aux forces qu’exercent ces constituants les uns sur les autres. En passant d’une configuration riche en énergie à un autre qui en contient moins, le surplus est libéré sous forme de rayonnement et de chaleur. On parle d’une réaction exothermique - le ressort se détend. Inversement, si l’état final contient plus d’énergie que l’état initial, c’est que la réaction en a absorbé. On parle alors de processus endothermique - on retend le ressort.

Les réactions avec des molécules, c’est de la chimie.

Certains composés chimiques se prêtent bien au stockage de l’énergie. Prenons l’exemple de l’hydrogène. L’électrolyse de l’eau décompose cet élément connu pour être parfaitement incombustible en deux gaz, l’oxygène et l’hydrogène. Là, on stocke l’énergie électrique sous forme chimique. Ensuite, si on brûle l’hydrogène dans l’oxygène, on récupère l’énergie initiale sous forme de chaleur (moins les pertes de rendement). On récupère aussi la quantité d’eau que l’on avait électrolysée au départ. Ressort tendu, puis relâché.

Le réservoir de la navette était rempli d’hydrogène et d’oxygène qui peuvent être produits à partir d’eau et de beaucoup d’énergie. Au lancement, cette énergie stockée momentanément sous forme chimique est transformée en chaleur et en mouvement.




Les réaction avec les noyaux d’atomes, c’est le nucléaire.

L’énergie mise en jeu dans les réactions chimiques a quelque chose à voir avec les forces qu’exercent entre eux les atomes au sein des molécules. Mais l’atome recèle d’autres force beaucoup plus puissantes dans son noyau formé de nucléons: les protons, particules chargées positivement et les neutrons, sans charge électrique. Les nucléons cohabitent à faible distance dans le noyau qui est très petit. La force électromagnétique fait se repousser très fortement les protons car ils sont positivement chargés. Le noyau tient ensemble grâce à une autre force fondamentale, la force nucléaire forte qui agit sur les protons et les neutrons lorsqu’ils sont à une très petite distance, de l’ordre quelques diamètres de nucléons. Ce qui nous intéresse pour comprendre pourquoi une réaction nucléaire peut être cent millions de fois plus énergétique qu’une réaction chimique, c’est que les niveaux d’énergie dans le noyau sont plus élevés que dans les molécules du même ordre de grandeur.

Noyaux instables

Un élément est caractérisé par le nombre de protons de son noyau (le numéro atomique) mais peut avoir un nombre variable de neutrons. On parle d’isotopes pour ces noyaux. Par exemple, l’oxygène 16 contient huit protons et huit neutrons tandis que son isotope 18 contient deux neutrons de plus. Certaines configurations de noyau, trop riches ou trop pauvres en neutrons, ne sont pas stables. Ils ont une probabilité élevée de subir une désintégration radioactive, réaction spontanée qui émet de l’énergie sous forme de particules rapides ou de rayonnement gamma. Les noyaux plus gros que l’uranium (92 protons et 146 neutrons pour l’isotope 238) sont également peu stables. Après une désintégration, le noyau contient moins d’énergie qu’avant.

Quelles réactions nucléaires sont exothermiques ?

D’autres réactions nucléaires que les désintégrations produisent de la chaleur. C’est le cas de la fission de l’uranium 235 (92 protons et 143 neutrons). Sous l’action d’un neutron incident, le noyau éclate en deux noyaux plus légers, comme le Krypton et le Baryum, et deux ou trois neutrons. L’énergie émise, 200 millions d’électrons-volts, est très grande... pour quelque chose d’aussi petit qu’un atome. En vol, un moustique dépense 5000 fois plus. La fission d’un gramme d’U235 produit environ 23 000 kilowatts.heure.

Les réactions de fusion d’éléments légers sont aussi très énergétiques, encore plus que la fission des éléments lourds si on la rapporte à chaque nucléon. Dans le soleil, les noyaux d’hydrogène (1 proton) fusionnent - s’agglomèrent - en hélium 4 (2 p, 2 n) au terme d’une longue série de réactions de fusion et de désintégrations. Dans les bombes à hydrogène, on emploie notamment deux isotopes de l’hydrogène, le deutérium (1p, 1n) et le tritium (1p, 2n). La fusion produit directement de l’hélium 4 très stable contenant moins d’énergie que les éléments de départ. Ces réactions sont très difficiles à obtenir car il faut rapprocher les noyaux à très petite distance, à portée de la force nucléaire forte, et vaincre la répulsion électrostatique des protons. Pour maintenir la fusion, une température et une pression très élevées sont nécessaires.

potentiels d'énergie | fusion nucléaire

Comment la réaction est lancée ?

Les premières bombes utilisaient uniquement la réaction de fission. Dans une masse d’uranium, un certain nombre de noyaux fissionnent spontanément à chaque instant. Les neutrons produits, s’ils sont capturés, provoquent d’autres fissions et on a ainsi une réaction en chaîne. La plupart du temps, les neutrons s’échappent du bloc de matière fissile sans être capturés. Mais si on rassemble une quantité suffisante de matière ou si sa densité est suffisamment accrue, les neutrons auront plus de chance de rencontrer un noyau fissile et de propager la réaction. A partir d’une certaine masse/densité - la masse critique - la réaction se maintient : il se créé autant de neutrons qu’il s’en échappe. Au-delà de la masse critique, la réaction diverge, son taux augmente. Dans une bombe à fission, on fait diverger la réaction assez longtemps pour qu’elle atteigne un rythme explosif.

Une sphère d’uranium 235 presque pur est entourée d’un réflecteur de neutrons (béryllium, uranium 238...). A la mise à feu, des explosifs chimiques compressent l’ensemble en produisant une onde de choc sphérique, en même temps qu’un flux de neutrons est généré pour initier la réaction en chaîne.

Un schéma de la première bombe atomique.

plan bombe atomique fission


Dans les bombes actuelles, la fission sert à créer les conditions de pression et température nécessaires à un étage utilisant la fusion. Le flash de rayons X produit par l’étage à fission est focalisé sur un crayon de deutérium et de lithium. La matière est fortement compressée et chauffée. Les neutrons issus des diverses réactions cassent le lithium en hélium 4 et tritium. Ce dernier alimente les réactions en fusionnant avec le deutérium.

Qu’est-ce qui a mis l’énergie dans l’uranium ?

Si on reprend l’image du ressort, on peut se demander ce qui l’a tendu initialement. D’où vient l’énergie que l’uranium libère en fissionnant ? Il existe des noyaux d’atomes dont on ne peut tirer d’énergie parce qu’ils sont très stables. Ces éléments sont le Fer 56 ou le Cobalt 58. Dans les étoiles massives en fin de vie, ces éléments issus de la fusion d’autres éléments plus légers s’accumulent dans le cœur. Privé de réactions exothermiques, il se refroidit et finit par s’effondrer dans une gigantesque explosion qui souffle une grande partie de l’étoile. Au cours du cataclysme, des atomes de fer fusionnent avec d’autres atomes pour former des éléments plus lourds, comme le cadmium, l’or ou l’uranium. Ces réactions endothermiques absorbent une infime partie de la débauche d’énergie dégagée par l’effondrement de l’étoile. On peut dire que l’uranium retient une partie de l’éclat des supernovæ.



Quant à l’hydrogène, il est le constituant principal du jeune l’univers. L’univers n’est pas né dans un état d’énergie minimal, sans quoi il serait fait de poussières de fer et serait dépourvu d’étoiles. D'une certaine manière, l’hydrogène recèle un peu de la lumière primordiale.

samedi 11 février 2012

étude de lumière 2

Étude de lumières artificielles: écrans, incandescence et lampes à décharge.

photo d'intérieur | température de couleur | photo tube fluorescent

photo couleur éclairage artificiel

jeudi 9 février 2012

études de lumière

L'apport principal des appareils numériques récents est l'extrême sensibilité à la lumière de leurs capteurs. On en obtient des images acceptables même dans la pénombre. Agrandies à 100%, elles montrent que bruit numérique gomme les détails. Mais ce bruit a un grain particulier qui rend les lumières de façon étrange et belle.

Le capteur est celui du Nikon 3100, le premier prix des réflex de la marque. L'objectif, un 50mm 1.8 AIS : très lumineux, très peu cher, excellent.

Les lumières de la ville ne sont pas un sujet neuf. Mais il me semble que la lumière des écrans, qu'ils soient fixes ou mobiles, en renouvelle l'intérêt. Les signes, signaux et sources d'éclairage réfléchis et réfractés par les surfaces vitrées donnent aux images la profondeur d'une étendue liquide.

photo en faible lumière | éclairage artificiel

photo centre Beaubourg

lundi 31 octobre 2011

Interfaces graphiques : la légende et l'histoire

Le talent de Steve Jobs dans l'art du récit était réellement stupéfiant. Ses shows millimétrés devant une audience acquise étaient une métaphore de la volonté du personnage d'emprise sur le réel. "Champ de distorsion du réel", disaient ses collaborateurs témoins de son entêtement à convaincre, fut-ce au mépris des faits.

La naissance de l'informatique personnelle dans les années 1970 est est une période passionnante. Elle marque le début d'un tournant anthropologique, dont le dernier développement est la révolution numérique actuelle. Et cette histoire n'est pas écrite, alors que certains de ses acteurs ont déjà disparu. Le risque, lorsqu'on s'y intéresse, c'est de prendre des discours de motivation à l'usage interne d'une entreprise ou sa publicité pour des faits établis. Un peu comme si on présentait Henri IV comme le faisait alors son efficace propagande, colportée sur les marchés de France et de Navarre au moyen de vignettes gravées : un Vert-Galant, bon soldat et bon père de famille. Tout le contraire de cette folle de Henri III. Evidemment, aujourd'hui, personne n'est dupe...

Mais revenons à Steve Jobs et à sa maltraitance des faits. Dans un documentaire de la BBC, il résume la genèse du Macintosh, premier ordinateur grand public avec une interface graphique, à sa visite au PARC (Palo Alto Research Center) : http://www.youtube.com/watch?v=rKiSMirEENA un peu après la minute 8:00. Maîtriser le passé pour contrôler le futur... Et il faudrait s'étonner de la source d'inspiration pour le clip du SuperBowl ?

Jef Raskin est un acteur et témoin de cette période, décédé en 2005 d'un cancer du pancréas. Il a écrit en 1967 une these sur le principe d'une interface graphique pour ordinateur, "A Quick Draw graphic system". Plus tard, il a été recruté par Apple pour travailler sur le projet Macintosh entre 1979 et 1982. Il expliquait dans un texte sur Digibarn en quoi l'histoire selon Jobs tient de la légende. En fait, cette idée d'interface graphique a été formulée et explorée par divers groupes en plusieurs endroits à partir des années 1960. Il rappelle le précédent de Sketchpad (1963), un programme de dessin avec stylet qui a inspiré Engelbart et son NLS, présenté en 1969 (j'en parle dans cet article). Raskin lui-même a développé ses idées sans lien avec les recherches menées au PARC, dont les produits (l'Alto et le Star) sont contemporains des années 1970. Parfois, la filiation des détails est complexe à retracer. Dans un autre de ses textes, Raskin se souvient que le glisser-déposer a été inventé chez Apple mais que le menu déroulant l'a été indépendamment chez Apple et au PARC.

La recréation d'idées par des chercheurs n'entretenant pas de correspondance ne doit pas surprendre, surtout si elle survient dans des contextes culturels similaires. Ainsi, le calcul infinitésimal a deux pères reconnus, Newton et Leibnitz.

En écoutant ce documentaire (voir plus haut), je me suis demandé d'où venait l'interface que j'avais devant moi, X-Window. Il me semblait qu'elle était ancienne et ne devait pas grand chose au Macintosh tant les différences sont grandes. Ce système est construit selon un modèle client-serveur, ce qui permet la manipulation les applications graphiques à travers un réseau. Et puis, il utilise une souris à trois boutons, comme celle de Engelbart.

Au début des années 1980, beaucoup de gens travaillent déjà sur les interfaces graphiques. Xerox et Apple, bien sûr, mais aussi le fabricant de stations Apollo et le projet Andrew à l'université Carnegie-Mellon. En 1981, David Cheriton et Keith Lantz, à l'université de Stanford, mènent le développement de V, un OS utilisé pour la recherche sur les systèmes distribués et les interfaces graphique. Paul Asente and Brian Reid créent W, une interface graphique pour ce système, puis la portent sur Unix en 1983 et en donnent une copie au laboratoire d'informatique du MIT. L'année suivante, Bob Scheifler écrit une première version de X en réutilisant une bonne partie du code de W mais en changeant le mode de fonctionnement des communications. Le logiciel permettait d'utiliser à partir d'un terminal graphique des applications réparties dans divers labos du campus, sur des machines de conceptions différentes et incompatibles entre elles.

Aujourd'hui, la plupart des OS de type Unix sont livrés avec X-Window. Les éléments d'affichage natifs de Xlib sont très simples et généralement remplacés par des toolkits plus jolis. L'interface par défaut des distributions Linux est le plus souvent un bureau intégré avec tous les raffinements, comme Gnome ou KDE. Mais si on lance une session avec TWM, on a un aperçu de l'interface d'origine, un peu comme un archéologue déblayant les couches empilées par le temps pour dévoiler les traces du passé.

mercredi 19 octobre 2011

NetBSD on a Macintosh 68k computer

An Apple fanboy, that's what I used to be. The first computer I talked to was an Apple II, a funny little machine with a colorful logo and a plenty of addicting games, like Little Brick Out or Lemonade. Later, when I discovered the graphical interface and the All-in-one casing of the Mac Classic, I went crazy about it. When I could afford a computer, in 1995, it couldn't be anything but a Mac. I was grateful for Apple to have turned computers into machines that are simple and pleasant to use, even by non-computer scientists.

Frustration followed a perfect honeymoon. Years passed and I realized that new exciting software won't run on a Motorola 68k processor, with less than 36 MB, on a system prior to 9 or X. I maxed out the hardware : 68040 with a real FPU, 36 MB of RAM, a 40 GB disk (limited with jumpers at 32 GB), a new silent fan. My Performa 630 should have deserved its name, but instead I hardly slowed its programed obsolescence. Stuck in the past, with an eternally buggy System 7.5.5, a browser illiterate of today's web and SSL certificates that expired last century, my computer should have died. Was the charm too strong ? Instead of buying a newer Mac, I stayed faithful to my first one and kept it sitting on my desk, beside the less attractive and more useful PC. But, one day...

Reversing programmed obsolescence



Years ago, I heard about NetBSD. This Unix-like system is a free software, free as in free speech and free beer. If you want to help developers keep on going, you can give some money or hardware to the NetBSD foundation. It is not an all-graphic system ala MacOS. The graphical interface is optional and rather rough on the edges on this platform. Command-line and text file editing are the Unix way to go. In the early 2000, the install process was rather challenging, and didn't work on my internal IDE drive. But last week I gave the new NetBSD 5.1 version a try. This system software supports a variety of hardware starting from the mini-computer of the eighties (VAX), to Macintosh of all generations, Amigas, Alpha and Sun machines as well as recent 64 bits PC's. How can they achieve that ? NetBSD people claim they made a clean design, with very little machine specific code. Some years ago, I had a discussion with one of them, Emmanuel Dreyfus. He told me that about 2% of the code base is tied to a particular piece of electronic. This means that even drivers are mostly generic and shared amongst different type of machines. Thus, improvements brought to the code benefit all supported hardware, even the oldest.

Installing NetBSD



Given the modest power of a 1995 machine by today's standard, the best I hoped was to turn mine into a simple but decent FTP server to backup a single laptop on a home network. An IPv6 address would also be useful to reach it from outside home, through a secure SSH connection. But, before I could enjoy a modern setup on my vintage Mac, I had to install NetBSD.

The process is now called Sysinst. It boots a minimal version of NetBSD from a file on the Mac disk and prompts the user through different steps. Disk partitions, choice and download of software sets, preliminary configuration is piece of cake for anyone who has carefully read the fine netBSD guide. For the advanced configuration, rc.conf fine tuning, user creation, I had to mount first the newly created partitions under /mnt (mount /dev/wd0g /mnt/usr, et coetera) and then change root (chroot /mnt). I feel there is room for improvement here.

Some bugs in NetBSD install



When I tried to configure wsconsctl -w -k encoding=fr, to use my french keyboard, I got a wskbd device not configured message. After some search in the dmesg log, I found that only wskbd0 was configured. Linking wskbd with wskbd0 (ln -s /dev/wskbd0 /dev/wskbd) was probably a dirty hack, but at least, it worked. Pain wasn't to an end, though.

At reboot, it all went awry. The GENERIC kernel crashed consistently at exactly the same point in the boot process (setting tty's). How to get out of this ? The solution would be to build a new kernel, possibly trimmed down, and give different options to the compiler in hope that the faulty code doesn't make its way into the kernel. The compiler is the piece of software that outputs a machine executable from the source, human readable code. And to build a mac kernel you need a mac compiler that runs normally on NetBSD mac68k. But what if it can't even boot ?

Cross-compile NetBSD kernel



NetBSD allows to build a compiler for any target on any platform. I installed an other NetBSD on my amd64 PC to compile a mac68k compiler to build a mac68k kernel. As the INSTALL kernel worked, I took its config file as a start. After some try and many errors, I ended up with a working kernel on my Macintosh. The important option to include in the config file was:

makeoptions COPTS="-Os" # Optimise for space. Implies -O2

NetBSD on Macintosh is Insanely great !



Now, my Macintosh is useful again with its 21 GB free disk space and 480 KB/s network transfers. On Mac OS 7.5.5, they were ceiling at 150 KB/s. It's got a very well-tested IPv6 stack, full featured FTP and SSH servers and the best firewall to date, Packet Filter. I also installed Links, a console web browser, that displays today's web sites in a blink of an eye (but only the text). There are many programs available on NetBSD repositories that I'm eager to try.
The system seems to be faster, more responsive than with NetBSD 1.6, and it doesn't need more memory (about 17 MB). Usually newer software with more features downgrades your hardware, makes it actually slower.

At last.



I'm still an admirer of the elegant lines of Apple products and their well designed casing. But I value durability even more. Both come together with old Apple hardware and current high-end workstations. But on some laptops you can't even replace batteries. Portable devices are even worse: you are not supposed to install a software not made or approved by the Firm. Should it pull the plug, your shiny little gadget would quickly turn into a useless piece of crap. These expendable products should be avoided, if you don't want to feed the big dump and are not ready to cut you a path through the installation of a free system.

NetBSD on Macintosh 68k

mardi 11 octobre 2011

Une uchronie sans Steve Jobs

Au sujet de la mort de Steve Jobs, beaucoup de choses intelligentes ont été dites et chacun devrait être autorisé à ne pas en rajouter mais je vais quand même contribuer de mes 2 cents, estimant qu'ils ne plomberont pas la moyenne, au moins.

Dans la pluie de louanges, j'ai vu et revu passer l'affirmation qu'il aurait changé la face du monde, ce qui m'a semblé très exagéré. Les contributions du grand homme seraient dues à lui seul et sans lui, le monde numérique en serait resté au MS-DOS, je caricature à peine. A une époque où les grands patrons sont payés des fortunes et loués comme les nouveaux héros du travail, de pareils commentaires ne surprennent pas. Mais faut-il pour autant laisser prospérer la sottise ? Alors, jouons au jeu en essayant de répondre sérieusement à la question : Et si Steve Jobs n'avait pas existé ?

Une uchronie est une expérience de pensée consistant à réécrire l'histoire à partir d'une hypothèse, du genre Et si l'empire romain n'avait pas décliné, Et si Grouchy était arrivé à temps, etc. En général, ça ne sert à rien d'autre qu'à exprimer des idées réactionnaires. Mais en l'espèce je vais l'utiliser pour rappeler quelques faits mis au jour par des sociologues et des historiens.

Si Steve Jobs n'avait pas existé.



Si Steve Jobs n'avait pas existé, Apple Inc n'aurait pas existé, c'est raisonnable de le penser lorsqu'on sait l'importance de son co-fondateur dans l'histoire de cette entreprise et la timidité de l'autre fondateur (à lire sur www.folklore.org). Et sans Apple Inc, le monde serait-il très différent, privé d'ordinateurs utilisables par tous, hyper-connectés et même jolis ? Voyons les faits. L'ordinateur personnel, le micro-processeur, les interfaces graphiques, Internet, la souris et même les interfaces tactiles multipoint, aucun de ces éléments déterminants dans le succès des produits Apple n'a été inventé chez Apple. Les principales inventions de la révolution informatique sont venues de plusieurs institutions de recherche ancrées dans le monde universitaire états-unien et financées par de grandes entreprises ou des programmes de recherche de l'armée US, sans qu'il soit demandé des résultats immédiats ou un quelconque retour sur investissement. Bref, on pouvait mettre beaucoup d'argent sur des idées aux résultats incertains. Cette configuration historique particulière, issue du New Deal de l'administration Roosevelt, de la deuxième guerre mondiale puis de la guerre froide a donné beaucoup de moyens et de liberté aux chercheurs du PARC (Palo Alto Research Center), du SRI (Stanford Reseach Institute), d'ARPANET, du MIT, de Berkeley...

La souris, en 1968 déjà



Dans ce bain intellectuel, des ingénieurs humanistes et libéraux échangeaient des idées sur l'utilisation des machines pour accroître la capacité du cerveau humain. Après les thèses de Turing (1936) et de Shannon (1937), on était persuadé des possibilités des ordinateurs binaires pour manipuler symboles et signifiants. Ces idées, synthétisées dès 1945 par Vannevar Bush dans son texte "As we may think", allaient percoler dans toute la période suivante. Dès 1968, Doug Engelbart, inventeur multitâche, peut montrer tout le potentiel de cette vision. Cette démonstration, montée le 9 décembre de cette année, préfigure l'informatique personnelle telle que nous la connaissons, avec traitement de texte, téléconférence, hypertexte, édition de texte à plusieurs et l'utilisation de la souris.

conférence Douglas Engelbart | mother of all demo

L'innovation au PARC, mais pas seulement



Dans la décennie suivante, la technique se raffine et se miniaturise, avec le Xerox Alto, decendant direct du NLS, la machine développée par Engelbart au SRI, puis le Xerox Star en 1981. C'est à ce moment que les idées sur la nation câblée (The wired Nation), précurseurs des autoroutes de l'information, sont formulées par Ralph Smith, des opérateurs et des informaticiens. Certains, comme Jacques Vallée (Ufologue qui a servi à Spielberg de modèle au personnage de Lacombe dans Rencontre du troisième type) voient déjà un réseau de pair à pair, avec des noeuds à égalité (The Network Revolution, Berkeley Press 1982).

Hippies et Hackers



En parallèle, des jeunes diplômés révoltés par le Viet Nam, imprégnés de contre-culture et de l'éthique des hackers telle que l'a décrite Steven Levy dans : Hackers, Heroes of the computer revolution, forment des clubs comme le Homebrew Computer Club californien. Le point central est la liberté d'accès aux ordinateurs, perçus comme des stimulants de la créativité personnelle. L'idéal pour ces hippies est d'avoir un ordinateur à soi.

A la fin des années 1970, la révolution de l'informatique personnelle est dans les têtes depuis longtemps et la technique arrive enfin à maturité.

Comment l'histoire aurait divergé si Steve Jobs n'avait pas rencontré Steve Wozniak au Homebrew Computer Club ? Apple aurait-il laissé la place à Sinclair, Amiga ou IBM avec son excellent système OS/2 ? Sun, Microsoft, HP auraient-ils été différents ? On ne peut qu'imaginer le détail mais, c'est sûr, l'histoire ne se serait pas arrétée en 1976. Elle était déjà lancée à pleine vitesse.

Apple: Des inventions aux produits



Enfin, les hommages trop appuyés à Jobs sont bien injustes pour tous ceux qui, au sein même d'Apple, ont contribué aux produits de la marque. Il faudrait inclure Steve Wozniak, co-fondateur et créateur des Apple I et ][, Andy Hertzfeld et Bill Atkinson, programmeurs surdoués du premier Macintosh, jusqu'à Jon Ive, designer des matériels récents. Et puis, il ne pas oublier les ouvrières de Foxconn dont la modération salariale contribue à la remarquable prospérité de la firme.

Il reste à Jobs quelques mérites, qu'il convient de souligner. Il a sans doute joué le premier rôle pour faire avancer ensemble ces gens talentueux mais focalisés sur leur spécialité vers la création de produits au-dessus de la masse. Il a aussi repéré plus vite que d'autres l'intérêt d'inventions existantes dans ce même but. Son modèle économique de vente de biens numériques est un digne rejeton des barons voleurs. Well done Steve ! Et il a le mérite de souligner l'importance du contrôle des canaux de distribution de ces biens, une leçon que l'industrie de la presse ne devrait pas laisser à d'autres. Rien que ça, c'est beaucoup. Allez, Farewell Steve et Merci.

jeudi 1 septembre 2011

Sept milliards de sauterelles ?


Ma voisine s'est fait tabasser. De façon répétée, ses agresseurs lui ont violemment brouté fleurs et tige, et elle en porte les séquelles. À chaque visite, je la trouve diminuée. En quelques semaines, elle a dû perdre la moitié de sa taille. Je suis triste devant ce spectacle et en colère contre ces pillards qui n'ont pas trouvé un meilleur moyen pour s'allumer les neurones. On pourrait me dire, arracher quelques brindilles c'est pas si grave, les herbes, ça repousse. Et bien non, ça ne me console pas. Et puis, c'est faux. Si chaque visiteur d'un jardin, d'une forêt prélevait quelques végétaux qu'il trouve récréatifs, il n'y aurait bientôt que la roche nue sous le soleil. Je pense aux sauterelles. Joli insecte qui avale quelques feuilles par-ci par-là mais qui désole le paysage s'il en passe un essaim de milliards d'individus. Les comportements grégaires sont la règle, même et peut-être surtout dans les sociétés qui promeuvent l'individualisme. Et nous sommes sept milliards. Pour un choix "individuel", il faut évaluer les conséquences en multipliant par ce nombre. Mais ça peut aussi valoir pour le versant positif. Et avec ce monde, ce serait le comble qu'on n'arrive pas à produire de la joie sans tout saloper.

mardi 30 août 2011

Fin du Monde, Bis Repetita



La fin du Monde est à la mode. Fukushima, la dette, 2012, les Mayas au quai Branly, la présidentielle, seraient des prodromes du retour de l'antéchrist ou de Nibiru, l'obscure soeur jumelle de la Terre sortie d'outre-espace juste pour lui donner un grand et final coup de boule. Et bien tout ça est du flan, parce que la fin du Monde a déjà eu lieu (!), il y a trente ans, le 12 avril 1982 pour être précis. Ce jour-là, les huit planètes se sont trouvées alignées, en fait ramassées dans un secteur de 73°, ce qui est très perfectible comme alignement. Comme les marchands de malheur ne s'embarrassent pas de ce genre de détails, ils pouvaient prédire, à l'époque, marées exceptionnelles, séismes et tsunamis. Dans le numéro d'avril 1981 de S&V, Pierre Kohler démystifiait soigneusement ces supercheries et expliquait que même un alignement parfait des astres n'aurait pas pu provoquer d'effet sensible tant la gravité combinée des planètes est faible par rapport à celle du Soleil ou de la Lune. Notez que la très belle illustration de Philippe Fix n'est pas du tout à l'échelle. Si la Terre était un petit pois, Jupiter serait un pamplemousse distant de 270 mètres et Saturne une orange à 420 mètres, distances minimales dans les deux cas. On comprend mieux que leur gravité soit si faible.

Aujourd'hui sur France Culture (La Grande Table 30/08/2011), une brochette d'historiens patentés s'est exercée à trouver le rationnel dans la folie présente. Et j'ajoute mes deux cents. "Fukushima, la dette, la présidentielle, on a déjà donné. Ce monde, on en veut plus, qu'il finisse, qu'il dégage !"

Alors si vous avez manqué la précédente, gardez les yeux ouverts, c'est pour bientôt !

vendredi 20 mai 2011

Nikon Primes, the AF 85 mm f/1.8 test

The 85mm f/1.8 AF Nikkor is a short telelens, well suited for reportage or portrait in available light. It's an AF, first manner, with a "screw" and needs a camera with a motor. While focusing, the rear lens moves back and forth and the front lens doesn't rotate. But the focus ring does.

Short and rather wide, it fits well in the hand. In front of a small camera body (Nikon 3100), the weight (400g) is well distributed. The outer barrel is all plastic, the rest is glass and metal. After 20 years of light use, focus got a bit noisier but otherwise it is in perfect condition.

Image quality

In a first series of tests, at f/1.8, small printed letters looked as if they were small blots of ink and hardly readable. Compared to other Nikkor primes at full aperture, the 85mm seemed a bit less accurate. I suspected a bad focus. But after more trials, I draw the conclusion that these results were consistent.

Optical defects

Click on the images to see them full size.
Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 test
Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 test

The 50 mm f/1.8, the 60mm f/2.8 and the 35 mm f/2 all give better defined images in a large centre spot, fully opened. Throughout the field of the 85, edges of bigger letters (black on a white background) are not neatly cut out but slighly fuzzy, like seen through a luminous haze. This is probably a consequence of a residual spheric aberration, a flaw inherent to lenses without parabolic surface and more obvious as diameter grows. Therefore, fast lenses like this 85 mm exhibit optical artifacts like the coma (light sources look like a comet tail) or coloured fringes.

The two images below show a visible coma and purple colour fringes at f/1.8. At f/2.8, these artifacts are not really annoying.

Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 coma
Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 coma

This said, the f/1.8 stop is usable thank to a good general contrast. At this aperture, the light falloff is not really important and isn't noticeable at f/2.8.

When stopped down, to f/2.8, the precision of fine details gets a lot better in the whole field.

Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 test

At f/4, then f/5.6, the image gives an impression of brute sharpness. It looks very close to an other image of the same subject at the same magnification ratio, from a 50 mm or 60 mm Nikkor, compared side by side.
Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 test
Nikon Nikkor 85 mm f/1.8 test

On a DX format, this very good result is even throughout the field.

Shall we conclude ?

In a nutshell, this 85 mm is a good workhorse. Reasonably fast and functional at full aperture, good at f/2.8 and outstanding beyond this stop. It looks modest compared to the awe inspiring, all-metal 85 mm f/1.4 of the same manufacturer. But for a mere 300 €, second hand, you've got a very appealing and yes more modest, alternative.

jeudi 12 mai 2011

IPv4, c'est fini. Allo ? IPv6 ?

La pénurie d'adresses internet IPv4 est pour bientôt. Or, la transition vers l'adressage IPv6 n'est pas achevée, il s'en faut de beaucoup. On avait pourtant tout le temps pour s'y préparer. Petit retour en arrière pour comprendre ce qui va se passer dans les mois qui viennent.

Il y a quinze ans, fleurissaient les premiers articles sur IPv6 dans la presse spécialisée. Depuis, le thème a été rabâché à l'envie, un vrai marronier. Il faut dire, c'était un sujet parfait. De la belle technique, de la prospective et peu de contradicteurs. Démonstration.

Une adresse IP (quelle que soit sa version, 4 ou 6), est un peu l'équivalent d'un numéro de téléphone. Le protocole internet est le cœur battant de l'infrastructure d'acheminement des paquets de données. IPv4, en usage depuis les années 1980, venait d'une époque où l'on ne concevait pas que des milliards d'ordinateurs personnels, consoles de jeu, téléphones ou fours à micro-ondes, puissent un jour rejoindre ce réseau. La limite de 4,2 milliards d'adresses v4 disponibles semblait ne jamais devoir en être une. Plus tard, en pleine révolution de la micro-informatique et alors que l'internet commercial décollait à la verticale, on s'inquiétait que cette croissance bute rapidement sur la raréfaction des adresses. Sans compter les insuffisances congénitales de IPv4 pour garantir la sécurité, un débit minimum ou une latence maximum et des communications mobiles - toutes choses nécessaires aux nouveaux usages populaires du réseau - et surmontées au prix de l'empilement de solutions chères, inélégantes ou les deux. IPv6, conçu par de brillants esprits, à la lumière de l'expérience, serait la réponse définitive. Un nombre d'adresse invraisemblable, comparable à la masse du soleil exprimée en miligrammes, multiplié par cent, et un robuste mécanisme d'extension viendrait à bout de tous les défis posés par l'imagination humaine. C'était l'avenir.

Je n'ai pas résisté à la tentation de le refaire, une dernière fois. Parce que c'est bien fini. Depuis le 3 février, c'est officiel, l'IANA, la maison mère, n'a plus d'adresse v4 en stock. Les registres régionaux (RIPE-NCC, LACNIC, AFRINIC, ARIN, APNIC) ont encore des réserves, sauf pour l'APNIC, en charge de la zone Asie Pacifique, qui a commencé à rationner les fournisseurs d'accès et les entreprises et les pousse à passer à IPv6. D'après l'AFNIC, l'association en charge du domaine .fr, il reste un an d'adresse IPv4 en Europe, selon un communiqué récent.

Le passage à IPv6 est encore devant nous et on est dans le mur. Pourquoi ? Entre une machine uniquement v4 et une autre uniquement v6, la communication est impossible. Le plan original tablait sur une transition progressive, avec très vite des machines pourvues d'une double pile (adresse v4 + v6), faisant le pont entre les deux mondes. Avant que le stock d'adresses v4 soit vide, tout le monde devrait être sur v6. Mais ça n'a pas marché comme ça. Des initiatives pour adapter OS, logiciels et matériels, existent depuis plus de dix ans. Mais l'adoption du protocole par les fournisseurs de services (dont les FAI) est récente et timide. L'explication que j'ai entendue souvent au cours de mes enquêtes est "il n'y a pas assez de demande". La pénurie pourrait bien changer ce point.

À présent, on va avoir des îles IPv6 face à un continent 100% IPv4. Des solutions de traduction sont élaborées. Mais ça risque d'être cher, inélégant ou les deux.

Une enquête publiée dans PC Expert sur l'avancement de la transition, novembre 2008:
lien

samedi 7 mai 2011

Ubuntu Classic vs Unity

Unity est la nouvelle interface par défaut de Ubuntu. Elle est apparue d'abord sur la version "Netbooks" de Ubuntu, destinée aux mini portables, machines low-cost que l'on achète préparé à quelques concessions sur l'agrément d'utilisation. Après deux mois d'utilisation sur un ordinateur à tout faire, ses limites m'apparaissent plus clairement.

Critique de Unity

Le dock situé à gauche de l'écran s'efface dès que le pointeur ne le survole plus et ce comportement n'est pas réglable. Quand on place la souris sur le bord gauche de l'écran, il s'écoule peut-être une demi-seconde avant que le dock surgisse. Pour un lanceur d'application, c'est parfait. On ne démarre pas dix fois un programme dans une session. En revanche, pour basculer d'une application ouverte à l'autre, opération plus fréquente, on perd du temps à chaque fois. En plus du délai d'apparition, ce dock caché rend impossible la "visée", le fait de diriger le pointeur au plus court vers l'application que l'on veut amener à l'avant-plan. Impossible aussi de vérifier quelles applications sont en cours d'exécution d'un coup d'oeil, sans manipuler la souris.

Ce qui est justifié sur l'écran pourri d'un mini portable ne fait pas nécessairement une bonne solution dans d'autres cas d'utilisation.

J'ai apprécié le placement des menus d'application dans une barre commune en haut de l'écran. Ça réduit le nombre total de barres horizontales affichées et économise pas mal d'espace. Le principe est le même dans l'interface du Macintosh depuis l'origine et je le trouve toujours pertinent. Mais dans Unity, les entrées des menus ne s'affichent que si le pointeur survole la barre située en haut de l'écran, lorsque la fenêtre est maximisée. La critique est la même que pour le dock. On ne peut pas repérer les entrées de menus sans manipuler la souris. Ça nuit à la représentation mentale que l'on se fais de l'interface et par conséquent à la navigation.

Un autre regret est l'abandon du menu système de Gnome 2, qui donne un accès rapide aux emplacements du système de fichier. Unity oblige à passer par le dock (bof), ouvrir le navigateur de fichiers Nautilus et enfin sélectionner le répertoire voulu (rebof).

Comment corriger ces défauts ? Voilà mes astuces pour améliorer l'interface du client Ubuntu.

Classic, le retour

Sur l'écran de connexion, après avoir sélectionné l'utilisateur, j'ai changé le type de session en Classic au lieu de Unity. On revient donc à l'interface Gnome 2.

Dans le tableau de bord supérieur (la barre horizontale en haut de l'écran), j'ai conservé telle quelle la barre des menus (à gauche) car elle comporte des raccourcis vers les répertoires importants (Vidéos, Musique...), les volumes disponibles (partition Windows, clé USB...) et les volumes en réseau. Au milieu de cette barre, le grand espace vide me semblait fait pour accueillir la nouvelle appliquette AppMenu (Applet indicateur pour les menus d'applications). Là, les menus sont permanents ! Il faut vérifier qu'une application avec de nombreux menus puisse tout afficher. Au besoin, on réduit la taille des polices d'application dans les préférences de l'apparence du système. On peut aussi remplacer les trois menus système (Application, Raccourcis, Système) par le menu général Gnome qui les intègre sous une forme hiérarchique, moins pratique mais plus compacte. Rappellons qu'on supprime une appliquette avec la commande Enlever du tableau de bord du menu clic droit sur celle-ci et que l'on ajoute une appliquette avec Ajouter au tableau de bord du menu clic droit sur un emplacement vide de celui-ci. Enfin, à droite du tableau de bord, j'ai placé quelques indicateurs (réseau, son, horloge) et un menu pour amener une fenêtre ouverte à l'avant plan. Cette disposition prend très peu de place et affiche l'information essentielle à un moment donné. Je me suis rendu compte après coup qu'elle ressemblait beaucoup à Mac OS Classic. Voilà comment on se découvre conservateur (non, pas réac' !).

Pour compléter le dispositif, un tableau de bord (c'est le terme en usage sous Linux pour désigner une barre ou un ruban d'outils sur le bureau) contenant des raccourcis vers les applications les plus souvent employées sera peut-être utile. Mais si on organise bien le menu des applications (clic droit sur le menu, puis : éditer les menus) il ne le sera pas.

Un dernier raffinement porte sur la barre de titre. Les trois boutons groupés, à droite (Windows) ou à gauche (Mac OS X), pour minimiser, agrandir ou fermer la fenêtre, incitent à l'erreur, surtout s'ils sont de la même couleur et très rapprochés, comme avec certains thèmes. La solution NeXT, un bouton à droite pour fermer, un à gauche pour minimiser et un double clic sur la barre pour replier la fenêtre, était assez élégante. Mais l'agrandissement passait par un menu clic droit sur la barre, pas idéal.

Avec Ubuntu, on peut placer les boutons où l'on veut. Dans un terminal, on tape gconf-editor, puis Entrée. Dans l'arborescence (panneau gauche), on déplie Apps, puis Metacity et on sélectionne General puis, dans le panneau central, Button Layout. D'un double-clic, on entre en mode éditeur. J'ai écrit "close:maximize", ce qui correspond à un bouton de fermeture à gauche de la barre et d'agrandissement à droite. Tant qu'on est dans Gconf-editor, on choisit les icônes présentes sur le bureau. Sans tableau de bord inférieur, on ne dispose plus de l'appliquette de la corbeille. Pour l'avoir sur le bureau, il faut déplier Apps puis Nautilus, cliquer sur Desktop, puis cocher la case Trash_icon_visible dans le panneau central de la fenêtre.

Pour minimiser une fenêtre, opération très courante pour dégager la vue sur un bureau encombré, j'ai pensé qu'un double-clic sur la barre serait plus rapide que d'atteindre un petit bouton avec le pointeur. Pour ce réglage très simple, on va dans le menu Système, Préférences, Fenêtres. Un menu propose plusieurs actions, dont la réduction.



Une fois arrangé, le bureau Gnome présente une seule différence avec le System 7 du Macintosh: le menu de gauche bascule entre les fenêtres ouvertes et non pas entre les applications.

lundi 18 avril 2011

Quelques semaines avec Unity

Unity, une interface radicalement nouvelle pour Ubuntu Linux, encore plus simple.

Unity est la nouvelle interface installée par défaut sur les systèmes Ubuntu Linux à partir de la 11.04 qui sort à la fin de ce mois d’avril. Ce choix de Unity par Canonical, l’éditeur de Ubuntu, s’est fait au détriment de Gnome-Shell, l’interface développée par le projet Gnome pour la version 3.0 de cet environnement graphique. Pour justifier ce choix, des considérations techniques de compatibilité ont été avancées. Il y a peut-être aussi une volonté de ne pas se laisser dicter l’avenir de Ubuntu par les organisations à l’origine des composants d’une distribution Linux. Un cas frappant est le choix planifié de Wayland, alternative légère à X-Window, le système graphique superbe et sophistiqué hérité des années 1980. Canonical se donne ainsi une image de rénovateur, voire de révolutionnaire, prompt à introduire des technologies de rupture sur lesquelles il aurait la main. La stratégie dessinée consiste à simplifier GNU/Linux pour le sortir de son ghetto de geeks et toucher davantage de gens. Pour réussir ce pari, alors que le PC verrouillé sur Windows semble hors de portée, Canonical vise tous les appareils mobiles, téléphones et tablettes. Unity emprunte certains aspects aux interface des uns et des autres et Ubuntu s’installe d’office avec les composants nécessaires aux écrans tactiles (uTouch, Ginn…). Je ne vois pas là un hasard.

Unity est conçu à l’origine pour les petits PC portables avec des diagonales d’écran de 12 pouces et moins. Il est sensé s’adapter à des écrans plus confortables. Je n’ai pas eu ce loisir puisque mon écran est un vieux catho de 15 pouces, en 1024x768. J’ai installé la bêta de Ubuntu 11.04, par la mise à jour de la 10.10. Le bureau de cette dernière (Gnome 2.0) avait le défaut de gaspiller l’espace utile, en empilant un grand nombre d’éléments redondants dans le sens vertical, alors que les écrans sont plus larges que hauts.

Gnome 2.0 présentait deux fins panneaux, en haut et en bas. En haut, trois menus pour le lancement d’applications, l’accès rapide vers des emplacements (réseau ou répertoires) et les réglages, séparés en Préférences et Système. Et mis à part l’horloge-calendrier, divers indicateurs (messages, réseau) et un menu pour éteindre et redémarrer, l’espace de ce panneau est sous employé. En bas de l’écran, un autre panneau très similaire à la barre des tâches de Windows (95 à Vista), avec des boutons correspondant aux fenêtres ouvertes, presque vide la plupart du temps, archi-bourré de temps à autres. Enfin, les fenêtres d’applications comportent pas moins de quatre bandeaux horizontaux, la barre de titre avec ses trois boutons (min,max,close), une barre pour les menus et deux autres pour les icônes. Ça fait du monde.

Place nette.

Unity casse tout ça en fusionnant les fonctions. Un panneau vertical court sur la gauche de l’écran. Il sert à la fois de lanceur de programme et de sélecteur de fenêtre ouverte. Si on veut basculer sur une application avec plus d’une fenêtre ouverte, celles-ci sont exposées en miniature à la surface du bureau avec un bel effet 3D. Ce gros panneau s’éclipse dès qu’une fenêtre est maximisée et si la souris s’en est éloignée. En haut de l’écran, un fin panneau horizontal contient les indicateurs habituels à droite et un bouton Ubuntu à gauche qui est un raccourci vers les applications et les fichiers. Ce panneau supérieur remplace la barre des menus de la fenêtre active. Lorsque le pointeur le survole, les têtes de menus apparaissent et remplacent le titre de la fenêtre active. Il remplace aussi la barre de titre lorsqu’une fenêtre est agrandie, accueillant alors le titre et les trois boutons.



Le pour et le contre.

Sur un écran 15 pouces, l’espace gagné accroît le confort d’utilisation des applications, qui peuvent occuper tout l’écran. L’attention est moins distraite par divers éléments étrangers à la tâche en cours. Ce n’est pas parce qu’un ordinateur est multitâche qu’un humain est réellement capable d’effectuer plusieurs choses à la fois correctement. Tout n’est pas idéal cependant. Les têtes des menus de l’application active sont visibles seulement lorsque le pointeur survole le panneau supérieur, ce qui interdit de les explorer du seul regard. Il faut y aller avec la souris. Le titre de la fenêtre aurait pu trouver sa place dans l’espace perdu des barres d’outils ou en surimpression transparente. Ensuite, je trouve regrettable l’impossibilité de régler le comportement et la taille du panneau de gauche. Un panneau visible en permanence donne à voir les applications en cours et guide la bascule de l’une vers l’autre. Pourquoi en être privé lorsqu’on maximise une fenêtre d’application ? Sur mon petit écran, je maximise toutes les applications. Changer sans arrêt de programme n’est pas très efficace, ce n’est pas une raison pour limiter l’outil de bascule. On dirait là encore que la logique prévalant sur un PC est délaissée au profit de l’utilisation typique d’un téléphone ou d’une tablette avec multitâche limité.




Unity va changer certaines habitudes. Avec Gnome 2, l’accès à un emplacement du système de fichiers passait par un menu de raccourcis. Là, on clique sur l’icône de recherche de fichiers dans le panneau vertical. Apparaissent sur fond noir, les dossiers favoris, les fichiers récents et les téléchargements. Je ne comprends pas pourquoi cet outil est distinct du gestionnaire de fichier Nautilus. Ce dernier est-il promis à l’enfer par Canonical ?

Calquée sur le même patron que l’explorateur de fichiers, la recherche d’applications est moins réussie. Elle présente les programmes fréquemment utilisés, quelques applications installées et d’autres disponibles en téléchargement. On peut explorer l’ensemble des programmes installés mais sans notion de catégorie, la lecture de la liste est assez pénible. Les grosses icônes de ce fureteur se glissent dans le panneau et deviennent autant de raccourcis pour lancer le programme. Mais le panneau se rempli vite d’autant qu’il n’est pas possible de varier sa taille ni celle des icônes. Bon, là, je me répète.

La moindre latitude données à l’utilisateur de personnaliser son interface ennuiera le geek qui projette son ego sur sa machine. Le grand débutant, celui qui découvre l’informatique (il en reste), devrait en profiter. J’ai constaté que les anciens utilisateurs de Windows trouvent rapidement leurs marques avec Gnome 2 tandis que les nouveaux venus à l’informatique sont constamment déroutés par la multiplicité des menus contextuels et l’empilement des barres d’outils. Une interface débarrassée de ce qui ne sert pas à l’instant T bénéficiera à tout le monde… Jusqu’à un certain point.

jeudi 14 avril 2011

Complément d’enquête ou auxiliaire de justice ?

Six jours après la diffusion sur France 2 de Complément d’enquête du 28 février 2011, un des témoin intervenant dans l’émission est arrêté par la police. Il s’agit de «Karl», un pirate informatique qui avait dérobé des documents sur des sites de l’industriel Thales (ex-Thomson, société française d’armements) et faisait prospérer un commerce de cartes bancaires volées dans des systèmes informatiques d’hôtels et de commerces de luxe.

D’après le site d’information Zataz.com (http://www.zataz.com/news/21145/prison--hacker--hacktiviste.html), les journalistes ont aidés, involontairement sans doute, à cette arrestation. Sur l’écran du cracker filmé par l’équipe de tournage, un pseudo non effacé au montage aurait guidé les enquêteurs de la police. La version archivée sur le site de France 2 (http://www.dailymotion.com/video/xhcau7_internet-wikileaks-transparence-complement-d-enquete-2-5_news) ne comporte pas cette séquence mais cette fuite de pseudo est vraisemblabme. Dans le reste du reportage, on peut relever d’autres indices comme des lieux reconnaissables (un restaurant dans la tour Montparnasse), les logiciels utilisés, certains bouts de codes et même un mot de passe filmés à l’écran du pirate. À un moment, un autre pirate vérifie sur le site www.mon-ip.com que son adresse IP a bien été modifiée et on voit les deux premiers octets de l’adresse, la date et l’heure. Pris isolément, ces fragments ne servent à rien mais recoupés avec d’autres indices collectés du côté des serveurs attaqués (l’heure aide beaucoup ici), ils peuvent faire avancer une enquête policière.

On peut s’interroger sur les motivations troubles et l’hallucinante naïveté de Karl qui se vante de s’attaquer aux monstres froids avec des moyens dérisoires. Ensuite, cette triste histoire révèle la persistance d’idées fausses vis à vis des journalistes. D’après Zataz, Karl aurait trouvé le reportage injuste à son égard, en coupant certains passages qu’il jugeait importants. Il va l’apprendre à ses dépens, on ne maîtrise pas ce qu’un journaliste fait d’une interview qu’on lui accorde. Cette autonomie du journaliste est nécessaire à une démocratie et doit être acceptée même si ce n’est pas toujours facile d’accorder sa confiance.

De l'autre côté, il faut essayer de se montrer digne de cette confiance. Je trouve les confrères un peu légers sur la protection des sources et ils n’ont pas rendu un grand service à ceux qui voudraient approfondir ce sujet. Dans certains milieux, ce genre d'affaire médiatique est à même de déconsidérer toute la profession. Bon, d'accord elle l'est déjà mais c'est pas une raison pour en rajouter. Un conseil technique un peu pointu au moment du montage n’aurait pas été du luxe. Dans l’intérêt du droit à l’information, il faut protéger les sources, même contre leurs propres inconséquences.